• Le Texte du Chapelier Fou du Pays des Merveilles

    Ce texte est un montage que j'ai fait pour une série de représentations théâtrales dans le cadre d'un projet appartement. 
    Qu'est-ce que c'est un projet appartement? Eh bien, en fait, au lieu de jouer dans un théâtre, on joue notre petite pièce chez des gens (qui reçoivent des invités). Le but de ce projet était donc de monter une scène à partir d'un texte qui ne serait pas un texte de théâtre et n'ayant aucun dialogue.

    Voici donc le texte de mon projet où j'interprétai le rôle du Chapelier Fou du Pays des Merveilles. Le texte est un montage des répliques de ce personnage tirés du roman de Lewis Carroll "Les Aventures d'Alice au Pays des Merveilles", du film "Alice au Pays des Merveilles" de Walt Disney ainsi que celui de Tim Burton et enfin du personnage de Madeline Hatter (Fille du Chapelier Fou) dans "Ever After High"...
     
    La chanson, quand à elle, est issue du film "La Légende de Cendrillon" et est interprêtée par Whitney Houston.
    (CLIQUEZ ICI POUR VOIR LA VIDEO)
     
    Chapelier Fou
    PS: Je vous ai mis entre parenthèses les didascalies pour que vous compreniez mieux la scène.
     
    (Une table est dressée sur la scène. Le Chapelier Fou entre avec un plateau contenant un service à thé, de quoi grignoter et un lapin blanc en peluche avec une cravate. Il sourit. Il s'assoit derrière la table et commence à disposer tasses, sucrier, théière, tartines, etc sur la table.)
     
    Je demande pardon à votre Majesté d'avoir apporté ici ma tasse et ma tartine; mais je n'avais pas tout à fait fini de prendre mon thé lorsqu'on est venu me chercher.
     
    (Il montre du doigt son chapeau.)
     
    Il n'est pas à moi. J'ai des chapeaux à vendre. Ils ne m'appartiennent pas. Je suis Chapelier de mon état! 
    Nous voyageons tous à cheval ou en train mais le chapeau est la meilleure façon de voyager et la plus attrayante... 
     
    Dans cette histoire-là tout commence par le thé. Bien entendu, "tout" commence par un "T". Vous prendrez bien une tasse de thé?
     
    (Il se sert une tasse de thé et y ajoute deux cuillères de sucre.)
     
    Ça a débuté par une galipette contre le mur et j'ai dû passer à travers. Mais ne me demandez pas de recommencer. Qu'est-ce que je voudrais bien pourtant! Les portes, c'est barbant! Alors que traverser les murs, c'est tellement... top! Magnificielle! Tout le monde devrait être fou, fou, fou.
     
    (Il boit une gorgée de thé.)
     
    Sachez que le seul moyen d'accomplir l'impossible est de croire qu'il est possible.
    Parfois, je fais des trucs impossibles qui marchent du premier coup car je ne sais pas qu'ils sont impossibles. Si j'essayais à nouveau, sachant qu'ils sont impossibles, je parie qu'en revanche, ça ne marcherait pas.
     
    (Tout en continuant de parler, le Chapelier Fou se prépare une tartine beurée à la confiture.)
     
    Mais moi, j'ai l'esprit d'observation. Je suis doué aussi pour faire le poirier, manger trois trucs à la fois, parler sans reprendre ma respiration pendant très, très, très, très longtemps, choisir une pastèque mûre et inventer des charades. Même si je n'en trouve pas toujours la solution. En tout cas, pas seul. Les charades des autres sont plus faciles à résoudre, vous ne pensez pas?
     
    (Il prend une bouchée de sa tartine.)
     
    Oh! Je viens d'avoir une idée thé-mentielle!
     
    (Il se tourne vers le lapin blanc.)
     
    Pourquoi un corbeau ressemble-t-il à un bureau? 
     
    (Un temps.)
     
    Je n'en ai pas la moindre idée. 
     
    Je ne sais pas mais je suppose que c'est ce qui arrive quand on le fait tout le temps - ce que, personnellement, je fais - parce que lorsqu'on le fait tout le temps, on ne peut pas s'empêcher de l'avoir fait, n'est-ce pas?
     
    (Le Chapelier Fou termine sa tartine tout en buvant son thé.)
     
    Quel jour du mois sommes-nous?...
     
    (Il sort de sa poche une montre à gousset et regarde l'heure.)
     
    Elle retarde de deux jours! (Au lapin.) Je vous avais bien dit que le beurre ne vaudrait rien pour le mouvement!
    Deux jours et dix secondes. Oh malheur! Mais nous allons arranger ça. 
     
    (Il examine la montre.)
     
    Mmm... Rien d'étonnant. Cette mécanique est pleine de mauvaises dents et de vis et de roues et de ressorts... Bien sûr, c'est évident; il faut du beurre. Du beurre! Du beurre. Oh, il n'y a rien de meilleur pour les rouages. Oh, celui-là est garanti sans miettes.
     
    (Il prend le beurre et en tartine la montre.)
     
    (Au lapin.) Qu'est ce que vous disiez mon cher? Du thé, je n'y avais pas songé! Bien sûr, il faut du thé!
     
    (Il verse un peu de thé sur la montre.)
     
    Du sucre, deux cuillerées seulement, je vous remercie.
     
    (Il ajoute du sucre sur la montre.)
     
    J'oubliais la confiture, un oubli regrettable, c'est comme ça qu'arrive les accidents. 
     
    (Il tartine la montre de confiture. Puis il brandit la montre devant lui et la fixe attentivement.)
     
    Maintenant, elle doit marcher. (Un temps.) C'était une montre de première qualité. Oh, le thé! Vous croyez que c'est le thé? Je parie qu'il était trop fort. Deux jours de retard c'est inguérissable.
     
    Si vous connaissiez le Temps aussi bien que je le connais moi-même, vous ne parleriez pas de le gaspiller comme une chose. Le Temps est une personne. J'ajouterai même que vous ne lui avez jamais parlé au Temps! Le Temps n'admet pas qu'on le veuille marquer comme le bétail. Alors que si seulement vous étiez resté en bons termes avec lui, il ferait faire aux pendules tout ce que vous voudriez, ou presque. Par exemple, à supposer qu'il soit 9 heures du matin - l'heure de commencer votre travail - , vous n'auriez qu'un mot à dire au Temps, et l'aiguille ferait le tour du cadran en un clin d’œil! Voilà qu'il serait déjà 1 heure et demi, l'heure du déjeuner! 
    Le Temps et moi, nous nous sommes querellés en mars dernier (Il désigne le lapin.) - juste avant que celui-ci ne devînt fou; c'était au grand concert donné par la Reine de Cœur, et je devais chanter: 
     
    (Il commence à chanter en faisant des mouvements avec ses bras.)

    "Impossible
    For a plain yellow pumpkin
    To become a golden carriage
    Impossible
    For a plain country bumpkin
    And a prince to join in marriage
    And four mice will never be four white horses
    Such fol-der-ol and fid-dle-dy dee of course is impossible
    "

    "Impossible
    Pour une citrouille
    De se changer en carrosse doré
    Impossible
    Pour une paysane
    Et un prince de se marier
    Et 4 souris blanches ne feront jamais 4 chevaux blancs
    Cette farandole de fariboles est bien sûr impossible
    "
     
    Je suppose que vous connaissez la chanson? Cela continue, voyez-vous de la façon suivante:
     
    "But the world is full of zanies and fools
    Who don't believe in sensible rules
    And won't believe what sensible people say
    And because these daft and dewey-eyed dopes
    Keep building up impossible hopes
    Impossible things are happening every day"
    "Mais le monde est rempli de fous et d'excentriques
    Pour qui il n'existe aucune logique
    Et n'écoutant aucun conseil pratique
    Et parce que ces candides, ces rêveurs incorrigibles
    Nourissent des espoirs impossibles
    Des choses impossibles arrivent chaque jour"
     
    Eh bien, à peine avais-je terminé le premier couplet, que la Reine sursautais et se mettait à hurler: "Assassin! Il est venu ici avec l'unique intention de tuer le temps! Qu'on lui tranche la tête!" (Rires.)
    Oh, je l'ai déjà perdue! Et depuis lors, le Temps fait tout ce qu'il peut pour me contrarier! Il est toujours 6 heures, désormais.
     
    (Il s'adresse à la montre.)
     
    Tu es affreusement en retard, vilaine. D'ailleurs le Temps, fort contrarié, a décidé de tout arrêter. Depuis, plus un tic-tac.
    (Au lapin.) C'est pour ça qu'il est grand temps de pardonner et d'oublier ou d'oublier et de pardonner, peut importe dans quel ordre d'ailleurs tant que tout le monde est content.
     
    Le monde entier tombe en ruine et ce pauvre chat fait grise mine. J'aurais pas fait une rime?
     
    (Il s'adresse à la montre.)
     
    Je vois que tu n'est plus du tout la même. Tu étais bien plus... plussoyante. Tu as perdu ta plussoyance. Là dedans, quelque chose est parti.
     
    Quand il n'y a "rien", cela ne doit pas être très facile que de reprendre de ce "rien".
     
    (Le Chapelier Fou fini son thé puis s'adresse au public.)
     
    La morale de ceci, c'est: Soyez ce que vous voudriez avoir l'air d'être; ou, pour parler plus simplement: Ne vous imaginez pas être différent de ce qu'il eût pu sembler à autrui que vous fussiez ou eussiez pu être en restant identique à ce que vous fûtes sans jamais paraître autre que vous n'étiez avant d'être devenu ce que vous êtes.
     
    Excellente i-thé! Thé-rrible! Chapeau-tastique!
     
    (Le Chapelier Fou salut et sort.)
     
     
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