• L’extraordinaire engouement pour Harry Potter, à nouveau sur les écrans le 13 juillet,  pour le dernier volet de la saga, ne doit pas occulter le succès d’autres personnages de séries. Des héros attachants qui séduisent de nombreux jeunes lecteurs, en France et à l’étranger.

    Plus de 450 millions de lecteurs dans le monde, des forums sur le net où chacun cherche à deviner qui trahira, mourra ou échangera un baiser dans le tome suivant… En près de dix ans, les adolescents, souvent accompagnés de leurs parents, ont vibré en découvrant les aventures d’Harry Potter. L’adaptation au cinéma du dernier volet de ses aventures, "Les Reliques de la Mort", arrive le 13 juillet sur les écrans français. Un événement qui marque la fin d’une époque. Désormais, les lecteurs qui découvriront l’univers du jeune sorcier ne connaîtront pas l’attente fébrile, vécue entre chaque épisode, par les "contemporains" du héros. Dans "Harry Potter à l’école des sorciers", paru en 1998 chez Gallimard jeunesse, Harry Potter vient d’avoir 11 ans. Il en a 17 dans le dernier. Ses lecteurs ont grandi en même temps que lui et son univers est devenu le ciment de toute une génération, bien au-delà des frontières de l’Europe. Rares sont les 15-25 ans d’aujourd’hui à ignorer ce que signifie un "Moldu" ou un "Choixpeau"… "Aujourd’hui, les agents littéraires nous promettent régulièrement un nouvel Harry Potter. Mais il s’agit vraiment d’une œuvre unique. Il aura des successeurs, oui, mais des remplaçants… sûrement pas", analyse Christine Baker, directrice éditoriale de Gallimard jeunesse.

    Souvent décrite comme la petite-cousine française d’Harry Potter, Tara Duncan, serait une adolescente comme toutes les autres si elle n’était pas une pétillante "Sortcelière" issue de l’imagination de Sophie Audouin-Mamikonian, authentique princesse héritière du trône d’Arménie. Cette illustre généalogie ne lui a pourtant pas ouvert les portes des éditeurs quand elle leur a présenté le début de sa saga en 1991. "J’ai dû attendre qu’ils comprennent que les adolescents aiment lire les gros livres et que la magie les intéresse…" Elle ne sera publiée qu’en 2003 aux éditions du Seuil. Aujourd’hui "Tara Duncan" est devenue un phénomène éditorial. Traduits dans 12 pays, adaptés pour la télévision, ses livres se sont vendus à plus de 7 millions d’exemplaires dans le monde. La série comprendra 12 tomes assure l’auteur. De quoi lire jusqu’en 2013…

    AutreMonde, la planète où se déroulent la plupart des aventures de Tara est à mille années lumière de l’Angleterre rurale du XVIIIème  siècle où sévit "L'Épouvanteur" de l’écrivain anglais Joseph Delaney (éditions Bayard jeunesse). Dans le premier tome de cette série alliant suspense, frissons et aventures, Thomas, 13 ans, devient l’apprenti de l’Epouvanteur du comté, c’est-à-dire la personne chargée de "chasser les mauvais esprits" et de "s’opposer aux forces du mal". Les six premiers volumes se sont vendus à plus de 700 000 exemplaires. Sur un forum, un lecteur s’émeut. À la lecture du dernier ouvrage, il a ressenti "un petit pincement", quand "l’auteur rappelle qu’il ne reste plus que deux ans de formation à Tom. Ce n’est donc pas le dernier livre, mais la fin approche…"

    Qui aurait cru que des adolescents deviendraient incollables sur les Dieux de l’Olympe grâce à un héros américain ? C’est pourtant le cas avec "Percy Jackson" (Albin Michel), qui a invité la mythologie sur les rayons jeunesse des librairies. Son auteur, Rick Riordan, ancien professeur de littérature, a créé un personnage découvrant, à l’âge de 12 ans, qu’il est le fils de Poséidon. Les cinq tomes parus depuis 2005 et le film sorti en 2010 sont une transposition habile de mythes anciens dans notre société moderne, servie avec une bonne dose d’humour et de suspense. 20 millions d’exemplaires ont été vendus dans le monde, dont 600 000 en France… Presque autant que la série "Artemis Fowl", dont le septième et avant-dernier tome, "Le complexe d’Atlantis" est paru chez Gallimard jeunesse en février dernier. Son auteur, l’Irlandais Eoin Colfer, a vendu 20 millions de livres, dont plus de un million en langue française grâce aux aventures de son héros qu’il décrit comme "sûr de lui, si unique en son genre, qu’on ne pourrait que succomber au charme de son immense culot".

    La magie, la fantasy (avec notamment "Les Chevaliers d’Émeraude" de la Québécoise Anne Robillard, chez Michel Lafon) et les histoires de créatures de la nuit (après "Twilight", "Le Journal d’un Vampire" de Lisa Jane Smith éditée chez Hachette fait un tabac auprès des adolescentes) ne sont cependant pas les ingrédients miracle pour assurer un succès en librairie, comme le démontre le succès de la série "Cherub" (Éditions Casterman) écrite par l’Anglais Robert Muchamore, traduite dans plus de 10 langues et publiée dans une vingtaine de pays. Alliance de "James Bond" et du "Club des Cinq", Cherub est une organisation secrète britannique qui recrute des orphelins pour leurs capacités physiques et intellectuelles. L’agence est un vrai personnage collectif, mais deux héros se détachent, James Adam et sa sœur, Lauren. Les membres de Cherub prennent leur "retraite" à dix-sept ans, et c’est l’âge de James dans "La vague fantôme" sortie en mai dernier qui clôt la série. Une fin que regrettent de nombreux lecteurs sur le site cherubcampus.fr qui rassemble les nombreux fans. L’auteur s’est donc lancé dans l’écriture de deux nouvelles sagas, notamment la très réussie "The Henderson’s boys" dont l’action se situe durant la Deuxième Guerre mondiale, ce qui lui confère un indéniable intérêt historique!

    Le point commun entre ces héros? Selon Isabelle Smadja, auteur d’"Harry Potter, les raisons d’un succès" (Presses Universitaires de France), un des tours de force de J.K.Rowling est d’être parvenue à doser l’oscillation entre réalisme et merveilleux, entre dépaysement et quotidien. Le succès remporté par Tara, Percy, et les autres, s’explique aussi par ce dosage subtil auquel s’ajoute un style d’écriture très rapide, destiné à tenir le lecteur en haleine. Aussi étranges soient-ils, les personnages ont des préoccupations proches de ceux qui les lisent. Au cœur du monde magique ou de la mission la plus secrète, les affres de l’adolescence (chez "Percy Jackson" par exemple, les demi-dieux ont des difficultés scolaires), les premiers émois amoureux et l’envie de révolte sont bien là. Leurs créateurs osent aussi ce que n’avaient jamais tenté les auteurs du "Club des Cinq"* ou d’Alice : ils font vieillir leurs personnages avec leurs lecteurs. Au risque d’être obligé un jour, d’abandonner leurs petits héros devenus grands.

    * Créée par Enid Blyton dans les années 1940, cette série phare de la bibliothèque rose connaît encore un grand succès avec 400 000 exemplaires vendus en 2010 en France.

    Article par Marie Auffret-Pericone pour le journal "La Croix"


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  • "Ma famille m'interdit l'accès à l'ordinateur"

    Sophie Audouin-Mamikonian, auteur de la saga à succès "Tara Duncan", passe ses dimanches loin de tout clavier. Elle en profite pour nourrir son monde imaginaire, peuplé d'Anges et de Dragons, dans des musées...

    MON TABLEAU: "Saint Georges terrassant le Dragon" de Raphaël

    "A l'origine de mes livres, il y a souvent des chocs visuels et le dimanche, avec ma famille, nous allons souvent au musée. Nous sommes membres donateurs du Louvre. Nous y allons souvent pour voir mes peintres préférés: Holbein, Memling, Van Eyck, et aussi les italiens, de Fra Angelico à Léonard de Vinci. J'aime beaucoup le tableau "Saint Georges terrassant le Dragon" de Raphaël. D'abord parce que j'ai un faible pour les Dragons (il y en a près de 200 dans "Tara Duncan"). Mais surtout parce que ce tableau symbolise la victoire du bien sur le mal. Si j'avais un voeu à faire pour améliorer le monde, ce serait celui-là: que le bien, la raison terrassent le chaos, la sauvagerie. C'est en éduquant que l'homme pourra vaincre le mal."

    "Tous les jours de la semaine, j’apporte à mon mari son petit déjeuner au lit. Mais le dimanche, c’est son tour. La journée commence donc très bien ! Nous vivons à Paris dans le 16ème arrondissement, avec nos deux filles étudiantes, âgées de 24 et 21 ans. Elles sont grandes mais je continue à dédier mes livres à mes "poussines". Comme ils savent tous les trois que je suis une workaholic  – je travaille près de quinze heures par jour – ils m’empêchent d’approcher un ordinateur le dimanche, et je dois dire que cette interdiction me convient ! Le plus souvent, pour éviter la tentation, nous partons nous promener dans la forêt de Fontainebleau, visiter un musée à Paris ou ailleurs, ou bien acheter des livres et des DVD au Virgin, ouvert le dimanche. L’idée est de sortir de l’appartement, sinon je suis tentée d’écrire ou de répondre aux mails des "Taraddicts", les fans de la saga "Tara Duncan". C’est une immense communauté à qui je fais découvrir sur un blog des passages inédits de mes livres, des extraits du dessin animé…

    Le tome 9, "Tara Duncan contre la Reine Noire", est sorti le 22 septembre. La série, qui sera une "dodécalogie" (12 tomes), est traduite dans 13 langues et s’est vendue à plus de 7 millions d’exemplaires. Je reçois des mails du monde entier. Leurs auteurs ne sont pas seulement des enfants ou des adolescents. Environ un tiers d’adultes suivent aussi ses aventures. C’est vrai que la littérature jeunesse a évolué depuis une quinzaine d’années. Tout comme les romans policiers, longtemps perçus comme un sous-genre, elle est de mieux en mieux considérée et cela me fait très plaisir !

    En mars, je partirai à New York pour assister à la sortie du premier Tara aux États-Unis. Il est très rare qu’un éditeur américain achète des livres de fantasy français, j’ai donc beaucoup de chance et j’espère bien que cette traduction ouvrira à Tara Duncan les portes des studios de Hollywood. Je rêve qu’elle soit adaptée au cinéma depuis que j’ai été publiée en 2003, dix-sept ans après avoir écrit le premier tome… Quand j’ai proposé le manuscrit sur la petite "Sortcelière" aux éditeurs avant la parution de "Harry Potter", ils m’ont répondu que la magie n’était pas un thème porteur, que les adolescents n’aimaient pas les gros livres… Il a fallu le succès de "Harry Potter" pour qu’ils se rendent compte qu’ils avaient tout faux. Depuis, j’ai pris l’habitude de ne pas trop écouter leurs conseils. Les éditeurs sont souvent pris dans une dichotomie entre l’idée que le livre est un objet sacré et le fait qu’ils doivent le vendre. Selon moi, si on a une bonne histoire, il n’y a pas de règle.

    Dans ma famille on trouve des gens de lettres, parmi lesquels Pierre Gilles Veber, auteur du roman "Fanfan la Tulipe" et dont je suis l’arrière-petite-fille, et Tristan Bernard qui est un de mes arrière-grands-oncles.

    J’ai une imagination débordante et ris souvent toute seule en écrivant "Tara Duncan". En revanche, je me suis moins amusée en rédigeant mon nouveau livre, "La Couleur de l’âme des Anges", qui sortira chez Robert Laffont en janvier prochain. J’ai eu du mal à l’écrire après la disparition de mon directeur de collection, Laurent Bonelli, qui m’avait encouragée à continuer après en avoir lu les premiers extraits. Cette perte m’a paralysée.

    L’idée de ce livre m’est venue lors d’une exposition à Bruges consacrée à Jan Van Eyck. Il y avait là un tableau de Jean Fouquet qui représentait Agnès Sorel, en Madone à l’Enfant, et derrière elle, des Anges bleus et rouge vif. Ce tableau m’a beaucoup touchée. Je crois en Dieu, je suis baptisée catholique, ce qui ne plaît pas trop au catholicos car les Mamikonian sont des piliers de l’Église d’Arménie. Princesse héritière du royaume d’Arménie, j’ai un ancêtre, Vardan Mamikonian, qui  a même été sanctifié : saint Vardan (mort en 451) était un chef militaire qui s’est battu contre les Perses. Je vis ma foi très paisiblement mais ne vais pas à l’église le dimanche."

    Article par Marie Auffret-Pericone pour le journal "La Croix"


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  • Transposées sur le petit écran, les aventures "papier" de cette cousine française de Harry Potter se sont déjà vendues à plus de 7 millions d'unités...

    Depuis la rentrée, les cours de récréation résonnent de nouveaux cris de guerre: "Par le Mintus", "Par le Transformus", "Par le Reparus"... Des formules magiques bien connues des fans de Tara Duncan, saga de littérature jeunesse qui vient d'être adaptée en dessin animé par M6*. Cette transposition à l'écran, bientôt suivie par un jeu vidéo en ligne (sortie prévue en janvier 2011), une comédie musicale (pour la fin 2011) et un long métrage (scénario en cours d'écriture), sonne comme une consécration pour la pétillante "Sortcelière" ("celle qui sait lier les sorts"), née de l'imagination fertile de Sophie Audouin-Mamikonian.

    Il a fallut en effet des années pour que l'auteur soit prise au sérieux par les éditeurs. La jeune femme, authentique princesse héritière du trône d'Arménie (dont il ne reste plus que des ruines), a écrit la quasi-intégralité de la série entre 1987 et 1990 mais a dû attendre 2003 pour être publiée. Entre-temps, Harry Potter était passé par là et la magie faisait recette auprès du jeune public. Depuis, Tara Duncan est devenue elle aussi un phénomène littéraire: traduits dans 11 langues, ses romans se sont vendus à plus de sept millions d'exemplaires dans le monde. La sortie en septembre du huitième et dernier tome de ses aventures**, tiré à 63000 exemplaires est entré directement à la première place du classement des ventes jeunesse "Livres Hebdo", a suscité un engouement sans précédent.

    Séances de dédicaces interminables, jeunes lectrices déguisées entonnant la chanson du générique... Sophie Audouin-Mamikonian est désormais accueillie comme une rock star par les "Taraddicts", qui entretiennent une relation très étroite avec l'auteur à travers blogs, pages Facebook et autres forums de discussion. "On a vraiment le sentiment de faire partie d'une communauté. Jamais un écrivain n'a été aussi accessible. Elle a toujours un petit mot pour chacun... une vraie mère poule", se réjouit Noémie Follin, présidente du fan-club "Génération Taraddicts". A 23 ans, cette future professeur des écoles a grandi plus vite que l'héroïne (passée de 13 à 16 ans en huit tomes) mais garde le même plaisir à lire ces romans qui "apportent une nouvelle fraîcheur au genre fantastique".

    A NOTRE AVIS:

    On ne peut qu'être fasciné par le foisonnement de l'univers inventé par Sophie Audouin-Mamikonian, peuplé de près de 400 personnages et de plus d'un millier de plantes et animaux! Baignée dans la culture de Tokien et de T.H.White (auteur de "L'Epée dans la pierre", que Walt Disney adapta sous le titre "Merlin L'Enchanteur") mais également passionnée par la biologie et les mutations des êtres vivants, l'auteur ne cesse d'inventer de nouvelles créatures inspirées des mythiques elfes, dragons, licornes et autres chimères. Sa saga, aux accents moins sombres que "Harry Potter", aborde les préoccupations des préadolescents (amitié, premiers amours, relations parentales...) de façon résolument positive, insufflant aux intrigues un humour ravageur, rare dans l'univers fantasy. Des qualités malheureusement érodées par le format télé qui met l'accent sur l'action et dont le graphisme rappelle un peu trop d'autres séries appréciées du jeune public, comme "Totally Spies".

    * Tous les dimanches à 9h30.
    ** "L'Impératrice maléfique", Editions XO, 512 pages, 19,90€. Les cinq premiers tomes sont publiés aux Editions du Seuil et chez Flammarion.

    Article par Cécile Jaurès pour le journal "La Croix"


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  • L'auteur de "Tara Duncan" signe une saga fantastique dont le héros est mi-loup, mi-humain: "Indiana Teller" (Ed.Michel Lafon). Rencontre avec une romancière passionnée et passionnante qui sera, cette année, la présidente de notre Grand prix des lecteurs...

    SON LIVRE: "Indiana Teller: Lune de printemps"

    Aux Etats-Unis, le jeune Indiana Teller est né de l'union d'une humaine aux pouvoirs mystérieux et d'un loup-garou. Se sentant étranger parmi les siens, il part en quête d'une vie "normale" et rejoint l'université. Mais, quand on est capable de remonter le temps, peut-on mener une vie comme les autres?
    Cette saga inédite de Sophie Audouin-Mamikonian explore les mythes des loups-garous et du voyage dans le temps. Quatre tomes sont prévus, au rythme d'un par an.
    A dévorer pour les plus grands!

    JDM: Est-ce "Twilight" qui vous a donné envie d'écrire ce livre sur les loups-garous?

    Sophie Audouin-Mamikonian: Non. J'en ai eu l'idée il y a vingt ans en regardant le film "Le loup-garou de Londres". Par ailleurs, je suis fan de H.G.Wells, l'auteur de "La machine à explorer le temps". Dans "Twilight", l'histoire d'amour est au centre alors que dans mon livre, elle prend peu de place.

    JDM: C'était difficile de passer d'une héroïne féminine à un héros masculin, Indiana Teller?

    SAM: Ça a été dur! Au début, je mettais tout au féminin et la première chambre d'Indiana était "Girly". Du coup, je suis allée voir les copains de mes filles, j'ai parlé avec mes lecteurs masculins pour savoir comment ils se comportaient. Grâce à eux, j'ai réussi à me mettre dans la peau d'un garçon!

    JDM: Depuis quand écrivez-vous?

    SAM: Depuis mon appendicite, à 12 ans, durant laquelle je suis restée trois semaines au lit. Je m'ennuyais. J'ai écrit mon premier livre en vingt et un jours. Mon cerveau était déjà préparé pour la "fantasy".

    JDM: Comment êtes-vous devenue écrivain?

    SAM: J'ai attendu pendant dix-sept ans! Avant, je travaillais dans la pub, l'immobilier... J'ai écrit "Tara Duncan" en 1987. Les éditeurs m'ont dit: "La magie, ça ne marchera jamais, et votre livre est trop gros!" En France, nous n'avions pas cette fibre "fantasy". Grâce à Peter Jackson et son "Seigneur des Anneaux" ou à "Harry Potter", cela a changé. Mon mari et mes filles m'ont persuadée de renvoyer mon livre. Ça a fonctionné!

    JDM: Enfant, votre livre de chevet...

    SAM: "L'épée dans le roc", de T.H.White. Walt Disney l'a adapté pour en faire le fameux "Merlin l'Enchanteur"...

    JDM: Un roman d'aventure pour les 7-14 ans...

    SAM: "Le pion blanc des présages", de David Eddings, que j'adore. Il y a dix tomes.

    SON CONSEIL AUX FUTURS AUTEURS:

    "Très souvent, les jeunes auteurs se lancent en n'ayant aucune idée de là où ils veulent arriver. Avant de commencer à écrire, je leur conseille de passer du temps (une année, voire deux) à mûrir leur scénario. Réfléchissez à ce qui sera développé dans chaque chapitre. Faites des fiches sur chaque personnage. On répertorie les amis, les ennemis, les goûts, les dégoûts... Pour Tara, je fais des fiches et ça m'aide beaucoup!"

    Article du "Journal de Mickey"


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  • La jeune Sortcelière* est sur tous les fronts: une série animée sur M6 et un nouveau roman. Grâce au laissez-passer de Sophie Audouin-Mamikonian, elle nous livre ses secrets.

    FICHE D'IDENTITE:

    Nom: Duncan
    Prénom: Tara
    Age: 17 ans
    Signe particulier: Sortcelière et princesse.

    PORTRAIT CHINOIS:

    Si tu étais une friandise:
    "J'aimerais être de la guimauve de toutes les couleurs."
    Si tu étais une héroïne de roman:
    "Princesse Sarah, elle a tellement de courage."
    Si tu n'étais pas Tara:
    "Buffy, de la série "Buffy contre les Vampires", car elle est forte et maligne."
    Si tu étais un métier:
    " Je travaillerais dans une ONG, j'aiderais les gens!"
    Si tu étais un parfum:
    "Je sentirais le chèvrefeuille, frais et léger."
    Si tu étais un animal:
    "Un Pégase**, mon Familier!"

    Qu'est-ce que ça fait d'être une princesse?

    Tara Duncan: "C'est à la fois génial et nul. C'est bien, parce qu'il y a plein de gens qui s'occupe de toi. En même temps, tu as des responsabilités importantes. Tu ne sais pas si les gens t'aiment pour toi ou parce que tu es une princesse."

    Quelle qualité attends-tu de tes amis?

    Tara: " Ils doivent être sincères. Si tu viens me voir en me disant: "Je me moque que tu sois une princesse, je veux être ta copine parce que je te trouve géniale", ça marchera. Si tu viens me voir parce que je suis célèbre, ce n'est pas la peine d'insister."

    Est-ce que tu t'es toujours sentie différente des autres?

    Tara: "Oui! J'étais fan des "X-men". Quand j'ai su que je faisais de la magie, j'ai trouvé ça ringard. J'ai décidé de ne partager mon secret qu'avec mes deux meilleurs amis."

    Comment as-tu fait pour que ton secret reste si bien gardé?

    Tara: "J'arrivais à voir Betty et Fabrice en secret. Avec eux, j'ai découvert et testé mes pouvoirs. Ainsi, Fabrice s'est retrouvé transformé en grenouille et Betty arbore souvent des cheveux roses (rires)!"

    Quelle héroïne aurais-tu voulu incarner?

    Tara: "J'aurais aimé devenir une super espionne comme Tara King dans "Chapeau melon et bottes de cuir", une série que regardais ma grand-mère, ou Kitty Pryde, celle qui traverse les murs dans "X-men".

    Te définirais-tu comme une guerrière?

    Tara: Je suis devenue une guerrière par la force des choses. Je n'ai pas eu le choix. Il a fallu que je réagisse pour survivre et parce qu'il fallait que je sauve ma mère. C'était mon seul objectif."

    On se demande parfois si tu n'as pas envie de te débarrasser de tes pouvoirs et de t'enfuir...

    Tara: "Ah si! Mes pouvoirs, je m'en passerais bien. Mais comme je suis la clef qui empêche mon ennemi Magister d'obtenir les Objets Maléfiques, je suis coincée. Tant que les Objets existent, je suis obligée de garder mes pouvoirs."

    Que dirais-tu à Magister s'il était en face de toi?

    Tara: "Est-ce que tu peux arrêter d'être amoureux de ma mère? Tu ne seras jamais mon beau-père."

    Côté coeur, tu as une histoire d'amour avec un demi-Elfe. Comment vivez-vous votre différence?

    Tara: "C'est compliqué. Il a des réactions que je ne comprends pas. D'abord, il va me sauver la vie et être toujours là. Après, il me dit qu'il ne peut pas sortir avec moi parce que je suis princesse héritère. En plus, il faut dire que les Elfes sont un peu machos. Bientôt, il découvrira quelque chose sur moi qui cassera tout."

    Dans tes dernières aventures, tu es coincée sur Terre. Comment te sens-tu?

    Tara: "C'est horrible! Je ne peux pas passer par les Portes de Transfert qui vont sur AutreMonde*** car elles me rejettent et je ne peux pas aller sauver mes amis qui sont en danger."

    Tu es jolie et forte avec tes pouvoirs. As-tu des complexes?

    Tara: "Je suis trop grande, j'ai pris 20 cm en l'espace d'un été. Je finirai par faire 2,80 m, c'est l'angoise. J'ai aussi des boutons. Il y a des matins où je me trouve moche. Heureusement, j'ai la Changeline qui est magique et qui m'aide à me sentir bien dans ma peau."

    Quel est ton pire défaut?

    Tara: "Je suis horriblement têtue. Cela m'a conduite à faire des bétises. Je n'ai pas su écouter les conseils de prudence de mes amis. Mais sur AutreMonde, il faut être têtue car c'est un univers dangereux."

    Quelle est ta plus grande peur?

    Tara: "Ce serait de perdre mes amis, je serais perdue sans eux."

    SES PREMIERES FOIS:
    Première honte:
    "J'ai utilisé ma magie pour qu'un garçon tombe amoureux de moi. Ça n'a pas du tout marché."
    Premier ami:
    "Fabrice, il a tout de suite compris que j'étais différente. On a échangé mes Barbie contre ses Ken et c'était parti."
    Premier pouvoir:
    "Un Levitus! J'ai soulevé un petit garçon et la bibliothèque de ma grand-mère sans les toucher."
    Premier baiser:
    "Robin, c'est lui qui m'a embrassée, je m'en souviens encore! Un premier baiser, c'est compliqué, personne ne vous apprend."
    Premier coeur brisé:
    "Robin, quand il m'a dit qu'il renonçait à moi!"
    Première grande tristesse:
    "Perdre mon père et ma mère, grandir sans eux."

    SES GOÛTS:
    Musique: Black Eyed Peas, Lady Gaga qui, d'après elle, vient d'AutreMonde.
    Actrices: "Je trouve Megan Fox super belle et j'adore Miley Cyrus à laquelle je m'identifie (elle a une double vie)."
    Séries: "Buffy contre les Vampires", "Stargate" et "Hannah Montana".

    SES CONSEILS LOOK:
    "Pour me différencier et être originale, j'aime les superpositions et les manches longues."
    "Pour pouvoir bien bouger, je préfère les petites jupes et les ballerines."
    "Pour avoir l'impression de changer tous les jours, j'accorde de l'importance aux accessoires."

    SON ACTU: Sortie en septembre dernier du tome 8, "L'Impératrice maléfique", XO Editions, Sophie Audouin-Mamikonian.

    LEXIQUE:
    * Sortcelier:
    Humain, Elfe ou toute autre entité intelligente possédant l'art de la magie.
    ** Pégase: Cheval ailé, dont l'intelligence est proche du chien.
    *** AutreMonde: Planète sur laquelle la magie est présente.

    BONUS:
    http://www.taraduncan.com/                         
    http://www.taraduncan-lejeu.fr/                                    
    http://tara-duncan.niceboard.net/

    Interview par Aurélie Delpech pour "W.I.T.C.H. Mag"


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  • Elle a déjà écrit cinq tomes des aventures de Tara: des livres pleins de magie, de suspense et d'humour. L'écrivaine est aussi rigolote et intrépide que son personnage. Confidences...

    "Comme je ne sais ni dessiner ni chanter ni danser, j'ai eu la chance d'avoir de l'imagination. Et pas à petite dose! Je passe mon temps à extrapoler à partir du quotidien.

    Sur un trottoir, j'aperçois un platane et je me demande ce qui se passerait si des oiseaux de feu se posaient sur ses branches... Tout ça en marchant tranquillement dans la rue. Du coup, je perds sans cesse mon chemin. Quand mes deux filles étaient petites, ce n'était pas moi qui leur disais de faire attention en traversant, ce sont elles qui me lançaient: "Maman, ne reste pas plantée au milieu du carrefour juste parce que tu viens d'avoir une idée!" D'ailleurs, quand j'ai une idée pour "Tara", je ne l'oublie jamais.

    Quand il s'agit d'écrire, je suis très organisée. Je me jette sur mon ordinateur dès 8 heures du matin et je ne le quitte que tard le soir. Pour moi, l'écriture n'est pas un travail, mais un plaisir. Face à l'écran, je suis dans un autre monde: la planète magique de Tara. Tout ce que je raconte, je le vois, je l'entends, je le sens... Je parle toute seule et j'éclate de rire, ou je me plante dans le couloir, face à un miroir, et j'imagine des gestes pour jeter un sort.

    Tara, c'est un peu moi: impertinente, intrépide et loyale avec ses amis.
    Mes parents ont divorcé quand j'avais 6 mois. Mon père a quasiment disparu. Ma mère voyageait beaucoup. C'est ma grand-mère qui m'a élevée. J'ai eu une enfance luxueuse en tout, sauf en amour. Je lisais énormément, j'écrivais des histoires, je grimpais aux arbres et je creusais des trous dans le sol. Quelqu'un avait eu l'imprudence de me dire qu'un trésor était caché dans le jardin. Qu'est-ce que j'ai pu le chercher! Aujourd'hui, mon trésor, c'est ma vie. Je reçois énormément d'amour de mon mari et de mes enfants. Et de mes fans: les Taraddicts!"

    J'AIME:
    "Je suis hyper gourmande, mais je grignote jamais entre les repas. Je suis hyper coquette, mais j'ai horreur du shopping. Je suis dingue de science-fiction et de fantasy. J'achète tout. Je lis tout. Chez moi, j'ai 20000 livres."

    Retrouve Sophie sur son site Internet:
    www.taraduncan.com

    Toutes les demi-heures, Sophie va sur son site et répond à ses fans. On y trouve des concours de dessins, d'écriture, de déguisements...

    Article parut dans "W.I.T.C.H. Mag"


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  • Après des mois de mystère complet, "Une Place à Prendre", le premier roman de l’Anglaise J. K. Rowling depuis la fin des aventures d’"Harry Potter", sort aujourd’hui en France chez Grasset.

    Pourquoi le roman "Une Place à Prendre" fait-il autant de bruit?

    C’est le premier roman non destiné aux enfants écrit par J. K. Rowling, l’auteur d’"Harry Potter". Depuis un conte pour enfant en 2008, un an après "Harry Potter et les reliques de la mort", le dernier de la série autour du jeune magicien, l’Anglaise de 47 ans n’a rien publié. L’attente s’avère donc phénoménale, aussi bien chez ses fans que dans le monde de l’édition: aucun écrivain n’avait en effet jamais réussi à vendre 450 millions d’exemplaires d’une série romanesque et à obtenir sa traduction dans 74 langues. Ses éditeurs mondiaux se sont partagé des recettes dépassant les 5 milliards d’euros. Richissime, puisque ses livres lui ont rapporté au moins 720 millions d’euros, un chiffre qui ne comprend pas ses revenus gagnés grâce aux films de la série, l’ancienne mère-célibataire déprimée, qui vivait pendant l’écriture de son premier succès grâce aux allocations sociales attribuées par l’État, n’avait pas besoin d’écrire. Et n’avait donc aucune raison de se presser et de peut-être bâcler son premier roman "adulte". Surtout qu’après avoir affirmé en 2005 que "la première chose que j’écrirai après Harry pourrait être affreuse", la pression reposant sur ses épaules devait être immense.

    Pourquoi si peu d'informations ont-elles circulé autour du livre?

    Afin d’accentuer l’attente autour du livre, le plus grand secret a été maintenu autour de l’ensemble du projet et chaque information n’a été révélée qu’au goutte-à-goutte. Sa date de sortie a été dévoilée en février, son titre anglais "The Casual Vacancy" en avril et sa couverture en juillet. Entre-temps, une page Facebook a été créée le 5 mai. Après avoir servi de relais publicitaire, elle a progressivement fait monter la pression jusqu’à publier dès lundi 17 septembre des photos du livre tout juste sorti des presses. De quoi exciter l’attente des fans et des observateurs. Chaque annonce venant de J. K. Rowling agite le milieu de l’édition. Les critiques intriguent et la rumeur se répand cet été qu’il s’agit d’un polar. Et lorsqu’enfin le droit est donné à certains d’entre eux - une poignée - de s’approcher de l’ouvrage, ils doivent signer "plus de documents légaux que nécessiterait normalement l’achat d’une maison avant de pouvoir le lire, sous une sécurité rapprochée au sein des bureaux de l’éditeur anglais Little, Brown", ainsi que le raconte une journaliste du quotidien britannique "The Guardian", lors du récit fleuve de sa rencontre avec la star invisible.

    Comment a été reçu le livre au Royaume-Uni?

    Le procédé fonctionne auprès des lecteurs : plus d’un million de pré-ventes ont été réalisées au Royaume-Uni. Les librairies n’ont été livrées que mercredi, pour une sortie dans le monde anglo-saxon des versions en anglais et en allemand jeudi à 9 heures. Leurs responsables ont dû accepter par écrit de n’ouvrir les cartons contenant les livres que quelques minutes avant l’ouverture de leur magasin.

    Les critiques se sont montrés bien plus modérés. D’un côté, le camp des amoureux du petit magicien, qui, comme la critique du populiste et très conservateur "Daily Telegraph", s’estime "éternellement endettée" envers J.K. Rowling. Ses enfants se sont passionnés pour les aventures d’Harry, pour leur magie le plaisir de la lecture mais elle clame son désespoir devant la noirceur de son nouveau récit, où drogues, sexe et sentiments malsains cohabitent. À l’inverse, le quotidien de centre-gauche "The Guardian" estime qu’"Une Place à prendre" "n’est pas un chef-d’œuvre mais ce n’est pas mauvais du tout: intelligent, bien fait et souvent drôle".

    Article par Tristan De Bourdon (à Londres) pour le journal "La Croix"


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    Génération Taraddicts: En tant qu’auteur jeunesse, tu es probablement l’auteur français le plus connu, comment le vis-tu?  

    Sophie Audoin-Mamikonian: Mince alors ! Moi ? Euh, je ne pense pas être l’auteur jeunesse français le plus connu, juste un auteur parmi plein d’autres.  

    GT: Beaucoup d’auteurs gardent une certaine distance vis-à-vis de leurs fans, qu’est-ce qui te pousse à être aussi proche des taraddicts?  

    S. A-M: Mon amour des gens. J’ai le syndrome maman poule. Dès qu’il y a des poussins (et finalement quelque soit leur âge) j’ai tendance à les prendre sous mon aile. Cot cot !  

    GT: Qu’est-ce qui t’a poussée à t’impliquer autant sur Internet?  

    S. A-M: Ben je voulais communiquer avec mes lecteurs, parce que ça m’avait manqué lorsque j’étais jeune, de ne pas pouvoir dire à Georges Lucas à quel point j’idolâtrais Star Wars lol !  

    GT: Comment Internet a-t-il commencé et développé ta relation avec les taraddicts, t’y attendais-tu?  

    S. A-M: J’ai créé mon site internet en 2002, incluant mon adresse mail, puis et mon blog en 2005. Je dirais que cela s’est fait très naturellement, le blog étant la suite logique des mails que je recevais et à qui je repondais. Et puis Fabrice Florent, un ami qui gère Madmoizelle.com m’a dit qu’il fallait que j’écrive mon blog parce qu’il aimait les anecdotes dingues qui m’arrivaient !  

    GT:Sur Internet, tu conseilles notamment la plupart des taraddicts écrivains en herbe, es-tu confiante en l’avenir de la littérature jeunesse en France?  

    S. A-M: Marie Caillet, une très jeune taraddict est éditée chez Michel Lafon à la rentrée. J’ai longtemps correspondu avec elle et je pense que je dois être l’une des premières à lui avoir dit qu’elle avait du talent. Alors la réponse est oui, il y a un énorme potentiel de jeunes auteurs, c’est génial !  

    GT : Au passage quels sont les cinq livres que tu conseillerais à tes lecteurs?  

    S. A-M: Plutôt des auteurs qui ont écrit plein de livres : Alexandre Dumas, spécialement Les trois mousquetaires et le comte de Monte Christo, tous les livres de David Eddings, surtout la Mallorée et la Belgariade, les livres de Terry Pratchett Le Disc World, Agatha Christie et ses quatre vingt livres remarquables et tordus niarf, Homère et ses légendes, Lois Mac Master Bujold avec sa saga Vorkosigan et aussi son Fléau de Chalion. Elle est remarquable tant en science fiction qu’en fantasy. Zelazny et les neuf princes d’Ambre…Pfff, il y en a trop !  

    GT : Qui dit livre, dit critique littéraire, tu n’en as pas eut beaucoup, mais comment gères-tu les critiques négatives? (Moi je dis… CHOCOLAT!)  

    S. A-M: Mal. Il est impossible de critiquer un livre, parce que ce qui ne nous plait pas à nous va plaire à quelqu’un d’autre. Je ne comprends donc pas les gens qui déchargent des tombereaux d’ordures et de haine sur les auteurs. Je trouve cela inutile et mesquin. Qu’ils écrivent donc des livres et soient publiés avant de juger !  

    GT: Tu abordes souvent des thèmes d’ordinaires tabous dans tes romans, est-ce que tu essaies de faire passer des messages à tes jeunes lecteurs?  

    S A-M: Non, jamais. Ce serait appauvrir mon écriture. Mais forcément ce que je respecte ressort dans mes romans. La pollution, le gachis, le pouvoir de l’argent ou le pouvoir tout seul, la sexualité des ados, même si je la traite de façon light, l’amour et l’amitié. Ce sont des thèmes importants.  

    GT: Il y a-t-il des thèmes que tu t’interdis d’évoquer dans Tara Duncan? Ton éditeur te censure-t-il?  

    S. A-M: Oui. Au départ Kyla était un garçon. A’rno était homosexuel. Mon éditeur m’a demandé de changer.  

    GT: Avec la sortie simultanée (ou presque) du tome 8 et du dessin animé, commences-tu déjà à anticiper la tonne de mails que tu vas recevoir?  

    S. A-M: J’avoue que je suis un peu inquiète. J’ai déjà plus de 3000 mails de retard, je crois que je vais acheter un tuba et des palmes parce que je sens que je vais être submergée, gloub gloub gloub!  

    GT: Et bientôt les Etats-Unis avec Tara! Seras-tu prête à t’investir autant que pour les fans français?  

    S. A-M: Je suis partie en Corée et je réponds tous les jours à des mails coréens, japonais, italien ou russes depuis des années. L’Amérique sera pareille, sauf que ce sera plus facile puisque si je parle anglais je ne parle pas coréen, russe ou japonais et que parfois les fans m’écrivent dans ces langues ce qui complique un peu les choses lol !  

    GT: D’ailleurs, où en est la publication aux USA et est-ce que l’anglicisation du roman ne te gène pas? Le style d’écriture a vraiment changé!  

    S. A-M : Oui, j’ai réécrit totalement le tome 1, qui se rapproche beaucoup du scénario du coup. On verra bien ce que les américains vont faire.  

    GT: Au passage Tara va-t-elle être traduite dans d’autres pays?  

    S. A-M: Oui, nous venons de signer la Turquie et l’Allemagne est très intéressée, enfin !  

    GT: Repartons sur Tara, nous savons tous que tu as tout d’abord créé Autremonde, est-ce qu’il y a certains aspects de cet univers que tu n’as pas encore exploités? Comptes-tu nous en montrer des aspects inconnus au travers des prochains Tara Duncan ou d’autres romans?  

    S. A-M: Oui, bien sûr, il y a encore des tas de pays où nous ne sommes pas allés. J’ai hâte de vous faire découvrir la patrie des Tatris!  

    GT: D’ailleurs au tout début de la création d’Autremonde, Tara Duncan n’était pas l’héroïne de la série, elle s’était fait voler la vedette par son frère aîné, Skyler! Qu’est-ce qui t’as poussé à changer aussi drastiquement l’histoire originale? Pourrions-nous avoir quelques précisions dessus?  

    S. A-M: Mon éditeur (ndlr : Le Seuil Jeunesse) ne voulait pas d’un héros garçon, à cause de Harry Potter, même si pour moi, Tara était autant l’héroine que Skyler. J’ai donc obéi à ses souhaits. Donc au lieu d’avoir été enlevée par Magister et que Skyler parte à sa recherche tandis que Tara parvenait à se délivrer ainsi que sa mère, c’est Tara qui était menacée mais pas enlevée.   


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  • Dans un mois "Indiana Teller", le nouveau héros sortit tout droit de l’imagination débordante de Sophie Audouin Mamikonian va faire une entrée que l’on espère fracassante dans vos bibliothèques. Génération Taraddicts est déjà dans les starting-blocks et tel une petite souris est allé voir la maman du futur best-seller afin de voir comment elle se sent à maintenant quelques semaines du grand jour.

      G.T : On est à un mois de l’arrivée en librairie de ton fils de papier. Comment appréhendes-tu ce moment ? Es-tu inquiète ? Plus que pour Tara, autant ou moins ?
      S.A.M : Oh là là, bien plus, j’angoisse à mort, c’est tellement différent ! J’appréhende les réactions des taraddicts. Et surtout surtout j’espère du fond du cœur qu’ils vont aimer ma délirante histoire de loups-garous !

      G.T : Avec Indiana tu écris pour un personnage masculin et en plus le récit est à la première personne, est-ce que ça a rendu la tâche plus difficile ?
      S.A.M : Oui, parce que, bien évidemment, j’ai des réactions de fiiiilllle. La première chambre d’Indiana aurait fait fuir n’importe quel garçon, heureusement que ma copine Martine, Dorothy et Elsa me l’ont signalé !

      G.T : Peux tu nous parler un peu d’Indiana, comment es-t-il né, quand et pourquoi ?
      S.A.M : J’étais très très en colère contre quelque chose et j’avais donc le choix entre deux solutions. Mettre une batte de base-ball dans la figure de la personne qui m’avait énervée ou écrire Indiana Teller. Comme j’avais pas de batte de base-ball sous la main, ben j’ai écrit Indiana. Cela dit, cela faisait un bon moment que je voulais écrire quelque chose sur le retour dans le temps et les loups-garous, du coup, donc plutôt que de faire deux livres, j’ai réuni les deux thèmes dans le même ! Et puis j’en avais marre de baver devant les abdos de Jacob, il fallait que j’en trouve un encore mieux !

      G.T : Tu t’attaques à un sujet déjà mainte et mainte fois évoqué surtout en ce moment, les loups-garous est-ce que ça t’as posé des problèmes pendant l’écriture, est-ce que tu as hésité à le sortir ?
      S.A.M : Non pas du tout. D’abord parce que je sors complètement du truc "je suis un loup-garou". Indiana n’est pas un loup et le regrette bien d’ailleurs. C’est plutôt spider man. Il est moins beau, moins efficace, moins puissant que les autres, mais il a un pouvoir qui va lui permettre de faire le bien. C’est un héros solitaire. C’est justement là où le challenge est intéressant, faire en sorte de créer une histoire où il y a des loups-garous mais qui en réalité n’est pas une histoire de loups-garous.

      G.T : Parlons un peu plus du roman en lui-même, depuis la mise à disposition du chapitre 1, beaucoup de questions se posent et une revient régulièrement à croire que les Taraddicts sont un peu chauvins : Pourquoi avoir choisi les USA comme décor ?
      S.A.M : Ben parce que planquer une communauté de loups-garous en France, c’est presque impossible. Notre pays est tout simplement trop petit. Le Montana est très peu peuplé, on peut marcher pendant des jours sans croiser âme qui vive. Et puis en plus, je revenais d’un voyage au Canada, juste à la frontière avec le Montana alors c’était facile pour moi de décrire cet endroit que je connais.

      G.T : Indiana a un pouvoir un peu particulier, c’est un rebrousse temps. Est-ce que tu aimerais toi-même remonter le temps ? Et si tu le pouvais, y-a-t-il quelque chose que tu voudrais changer ?
      S.A.M : En fait, il n’a aucun pouvoir d’intervention, c’est justement ça qui est intéressant dans ce thème. Il peut remonter le temps, mais pas s’y matérialiser. Il ne peut donc rien changer, juste observer. Ah ah, oui, j’aimerais ! Savoir qui a réellement assassiné Kennedy ou Marylin Monroe lol, revivre les grands évènements, ce serait top. Mais changer les choses, non, ce serait bien trop dangereux. Imaginez que j’intervienne pour que ma fille, Marine, ne se casse pas la jambe, il y a quinze ans au ski, et que, quelques minutes plus tard, parce qu’elle ne s’est pas cassée la jambe, un skieur lui rentre dedans et la tue ? Idem pour les grands événements comme le 11 septembre, les attentats etc. C’est monstrueux, mais d’un autre côté, les empêcher amènerait peut être à bien pire. Je ne voudrais pas courir ce risque.

      G.T : Tara est un gros succès, les adaptations se multiplient, peut-on espérer un destin similaire pour Indiana ? Verra-t-on celui qui fait déjà craquer toutes les filles à l’écran un jour ? (Et avec ou sans t-shirt me demande-t-on dans l’oreillette !) Vas-tu instaurer les même traditions que pour Tara à savoir lecture de premier chapitre quelques mois avant la sortie du livre et sortie en grande pompe dans une librairie parisienne ?
      S.AM : Oui, et c’est génial, parce que je vous annonce en grande avant première la liste des neuf pays qui ont déjà acheté la série animée, en quatre mois d’exploitation, c’est un énorme exploit de la part de Moonscoop : La Belgique, La Norvège, Le Moyen Orient, La Hongrie, Le Portugal, L’Espagne, l’Allemagne, l’Italie, et Pologne ! Je suis vraiment contente pour les taraddicts de Belgique qui étaient un peu frustrés de ne pas pouvoir voir M6.  Pour Indiana, je ne sais pas. On m’a déjà proposé de me racheter les droits pour un dessin animé, mais je pense que le scénario est vraiment fait pour un film (abdos/pectoraux powaaaa !). J’ai donc envoyé le livre par mail à SND/M6, Universal et Europacorp/Luc Besson. J’attends leurs réponses, surtout celle de SND, qui attend celle de Summit, qui a produit Twilight et dont ils sont actionnaires. Croisez les doigts ! De plus, ce sera un film bien moins cher que Tara (pas de dragons, pas d’AutreMonde !) donc plus facile à réaliser. Pour la lecture du tome 2 en avant première, je ne sais pas encore. J’ai tellement de travail qu’organiser deux lancements et même trois, plus deux avant premières et peut être aussi une troisième pour la Couleur de l’Ame de Anges, cela commence à devenir compliqué. Je suis en train d’y réfléchir pour l’année prochaine.

      G.T : On sait que tu travailles déjà sur le Tome 2, que tu poursuis l’écriture de Tara et qu’en plus tu t’es aussi remise à l’écriture de La Couleur de l’Ame des Anges que certains Taraddicts de longue date (dont une, je ne citerai pas de nom mais ça commence par un N et ça fini par un E…) attendent avec impatience. Tu n’as pas peur que ton cerveau finisse par exploser ? Rassure-nous, tu dors quand même de temps en temps ? Comment fais-tu pour mener de front l’écriture de trois romans très différents ?
      S.A.M : Facile. Je travaille sur Tara 9 le lundi, mercredi et vendredi, car c’est celui que je dois rendre le plus tôt. Ensuite, le mardi et le jeudi, je travaille sur la Couleur. A partir de Juin, puisque j’aurais terminé, je travaille sur Indiana 2, même si j’ai déjà commencé les premières pages. Donc pas de risque de me mélanger. Heureusement, les livres paraissent à plusieurs mois d’intervalle ce qui me laisse un peu de temps. Tara en septembre, Indiana en Mars et la Couleur en Janvier…Et lol, oui, je dors très bien,  je me lève tôt, mais j’avoue que là, mon cerveau commence à atteindre ses limites. C’est assez cool de voir jusqu’où je peux le pousser !

      G.T : Pour avoir lu le premier chapitre (et les deux suivants mais chuuut…), on retrouve dans Indiana comme dans tes autres livres ton humour légendaire. Quoi que tu écrives même quand c’est sanglant comme dans La Danse des Obèses, on éclate toujours de rire à un moment ou à un autre, es-tu capable d’écrire des trucs pas drôles ou est-ce que c’est juste biologiquement impossible et même quand tu essayes très fort ça ne marche pas ?
      S.A.M : Ah, c’est amusant que vous posiez la question, c’est exactement ce qui s’est passé pour la Couleur. Au départ, c’était extrêmement drôle sauf que ça ne collait pas. Impossible de faire les deux en même temps. J’ai donc du me résigner à ce que les trente premières pages ne soient que très peu drôles le temps de poser l’univers des anges. Mais ne vous inquiétez pas, ensuite, je me suis lâchée ! Donc, pour répondre, oui, je peux le faire, mais à petites doses, au bout d’un moment, mon cerveau pétille et impossible de me retenir !

      G.T : Dernière question, dont la réponse est-elle aussi très attendue par les Taraddicts/Indianaddicts, vas-tu partir en "tournée" à travers la France comme tu peux le faire pour Tara ? Et si oui est-ce que tu sais déjà un peu où tu vas aller ?
      S.A.M : Oui, absolument. Je ne sais pas encore où exactement, car nous sommes en train d’étudier les invitations des nombreuses librairies qui me demandent de venir, mais la Normandie fera partie de la tournée, Clermont Ferrand aussi je pense etc.

      G.T : Merci à toi de nous avoir accordé un peu de ton précieux temps pour répondre à ces quelques questions, et sache que tous les Taraddicts sont derrière toi pour la sortie de ce nouveau roman.
      S.A.M. : Merci merci à vous, mes merveilleux Taraddicts, de m’aider avec votre soutien et votre amour, à franchir ces énormes montagnes de travail et de stress !  


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  • INTERVIEW DE SOPHIE AUDOUIN MAMIKONIAN
    PAR ELEMENTIX

      J'en ai pas cru mes yeux quand j'ai reçu le mail: Sophie Audouin Mamikonian avait répondu à mon e-mail! Aaaaaaaaaaaaaahhhhh!! (tombe dans les pommes) Sophie Audouin Mamikonian, l'auteur de la saga "Tara Duncan" (mon auteur préféré pour ceux qui ne l'auraient pas encore comprit!), a accepté de répondre à mes questions. Comme elle n'a pas de secrétaire/assistante/collaboratrice/clone/jumelle (diabolique ou pas)/sort d'acceleratus/etc , elle a du y répondre un peu rapidement mais sinon elle n'aurait plus le temps pour écrire. Alors voici, en exclusivité sur Pouvoir Imaginatix, une interview de la célèbre Sophie Audouin Mamikonian...  

        Elementix: Tu as écrite ta première histoire à 12 ans. Peux-tu nous en dire plus sur cette histoire, s'il te plaît?
    Sophie: "Chanteclair le petit phénix d’Or" est poursuivi par des charbonniers pour en faire des lingots… Déjà en pleine fantasy à 12 ans! lol

      Elementix: Tes livres sont débordants d'humour et cela va de même pour tes posts sur ton blog. L'humour est naturel chez toi?
    Sophie: Oui, ma famille fait de l’humour depuis toujours. Mon arrière grand oncle est Tristan Bernard, un célébre humoriste. Mon arrière grand père a écrit "Fanfan la Tulipe". Mon oncle, le frère de ma mère, est Francis Veber "(Le Dîner de Con", "L’Emmerdeur", "Les Compères", "Le Jouet", 40 films d’humour !) J’en suis l’indigne héritière, niarf!

      Elementix: Tu as une imagination foisonnante et quasi-inimaginable. Tu n'as jamais peur d'être en panne d'idée?
    Sophie: Non j’ai toujours des tas d’idées ! Un peu trop d’ailleurs ! Il faut que je canalise, sinon mes livres feraient 3000 pages!

      Elementix: Dernièrement, tu as tourné un film sur les origines d'AutreMonde. Comment s'est passé le tournage?
     
    Sophie: Le tournage était génial, mais j’étais morte de trouille ! Seule comédienne devant les caméras, avec des tas de dragons et de démons autour de moi…

      Elementix: Y a t-il une date de sortie prévue pour ce film?
    Sophie: Oui, probablement fin Février début Mars. Les places seront en vente d’ici deux à trois semaines je pense, parce que beaucoup de Taraddicts m’ont dit qu’ils allaient demander les places comme cadeau de Noël, alors du coup, je dois aller plus vite que ce que j’avais prévu… pffff

      Elementix: A ce propos, des nouvelles de l'adaptation de "Tara Duncan" au cinéma?
    Sophie: Pour le film "Tara Duncan Les Sortceliers", j’attendais que le livre sorte aux Etats Unis. Maintenant que c’est fait, je pars là bas en Avril pour discuter avec les studios.

      Elementix: Que penses-tu du jeu en ligne Tara Duncan?
    Sophie: J’adore le jeu en ligne! Les monstres sont géniaux et les vêtements des filles super même si, snif, je n’ai pas du tout le temps de jouer!

      Elementix: Il paraît que tu es en train d'écrire une suite à "La Danse des Obèses". Info ou Intox?
    Sophie: Bien sûr. Bon, ça fait un bout de temps que j’ai commencé la suite de la DDO*, il me suffit juste de la terminer!

      Elementix: Que comptes-tu faire après la sortie du dernier "Tara Duncan" en 2014? As-tu déjà réfléchis à une nouvelle histoire?
    Sophie: Je ne sais pas encore. J’ai des dizaines de séries dont j’ai écrit le scénario, nous verrons bien...

      Elementix: Que fais-tu quand tu n'es pas en train d'écrire?
    Sophie: Lol je lis ! Ou je regarde des films, ou je papote avec ma famille, ou je joue au golf/tennis/ski ou je vais au cinéma ou au théâtre, en concert... J’ai une vie en dehors de Tara heureusement!

      Elementix: Voilà, je crois que c'est tout... Ah si! Une dernière question. Tu signes toujours "HACA Taraddicts" à la fin de tes posts sur ton blog. Qu'est-ce que ça veut dire?
    Sophie: Lol HACA est la devise des taraddicts: Humour, Amitié, Courage, Amour.  

    * DDO: initiales de "La Danse des Obèses"  

    Merci d'avoir répondu à mes questions, Sophie, et bonne chance pour la suite!
    Interview réalisé par elementix

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  • L'auteur de "Tara Duncan", l'héroïne adolescente portée à l'écran sous forme de série animée sur M6, revendique sa fantaisie.

    Romancière amoureuse des mots et de la fantaisie
    24 août 1961:
    Naissance à Saint Jean-de-Luz.
    1987: Naissance de sa première fille. Elle commence à écrire les aventures de Tara Duncan.
    1990: Naissance de sa seconde fille.
    Mai 2003: Publication du premier tome de Tara Duncan "Les Sortceliers".

    Souvent, la langue de ses interlocuteurs fourche. Voilà qu'ils l'appellent Tara au lieu de Sophie. Elle en est ravie. Longue chevelure blonde, yeux maquillés, pantalon et T-shirt blancs qui soulignent sa silouhette juvénile, à bientôt 50 ans, Sophie Audouin-Mamikonian apprécie d'être confondue avec son personnage de Tara Duncan, une adolescente aux pouvoirs surnaturels. L'héroïne, blonde elle aussi, débarque sur l'antenne de M6, sous forme d'une série animée fébrile produite par Moonscoop, le 26 septembre. Le même jour doit paraitre le huitième tome de ses tribulations. Les septs premiers - 500 pages chacuns, des pavés à l'aube de la littérature de jeunesse - ont fait un carton: 600 000 exemplaires, rien qu'en France. Ils sont traduits et vendus dans onze pays.

    Quand Sophie Audouin-Mamikonian a envoyé son manuscrit pour la première fois, en 1987, les éditeurs l'ont tous refusé. Au pays de Descartes, ses histoires de sortilèges et de dragons ne marcheraient jamais voyons! Elle a persévéré, a expédié régulièrement son travail pendant dix-sept ans. Entre-temps, une certaine J.K.Rowling a fait parler de son Harry Potter.

    L'auteure de Tara Duncan est aujourd'hui une vedette dans les collèges, voire les lycées. Quand la Corée met la France à l'honneur à l'occasion de son Salon international du livre, qui est invité à Séoul? Sophie Audouin-Mamikonian, aux côtés d'autres abonnés des best-sellers: Marc Lévy et Bernard Werber.

    L'auteure a déjà rédigé la trame de douze épisodes de Tara Duncan, de quoi nourrir les fans jusqu'en 2015. Il est en outre prévu de retrouver la jeune "Sortcelière" sur scène, dans une "comédie magicale", pleine de chansons et d'effets spéciaux, puis, peut être, dans un film de cinéma et en manga. Impossible de lui échapper, autant faire connaissance avec sa génitrice.

    Côté pile, son goût pour l'univers adolescent l'incite à abuser des superlatifs - "trop fantastiques", "juste géniaux" - et à truffer ses échanges sur Internet avec ses lecteurs de "lol" et autres inévitables du moment. Côté face, une mère de famille attentive et chaleureuse, qui nous reçoit sans fard chez elle, à Paris. Une autre de ses facettes tient à ses origines, que les dossiers de presse ne se privent pas de mettre en avant. Celui de M6 précise qu'elle est "princesse héritière du trône d'Arménie, nièce de Francis Veber, arrière-petite-nièce de Tristan Bernard". Elle glisse qu'elle se parrerait volontiers de ses titres. La publicité, elle connait: c'est là qu'elle a commencé à travailler. "Je ne comprends pas ce milieu. Moi, j'ai besoin de fraicheur."

    Quand on est, comme elle, descendante d'une lignée de lettrés, on risque d'avoir à choisir son genre littéraire. Son grand père déclamait des alexandrins classiques, sa grand-mère, qui s'est largement chargée de l'élever, écrivait en douce sous un pseudonyme. Cette dernière avait choisi deux prénoms sans ambiguité pour ses enfants: Francis (Veber, cinéaste) ("mon oncle ne m'a aidée en rien, il n'a même pas lu mes livres", soupire t-elle) et France ("ma mère a travaillé comme journaliste, notamment pour Jacques Martin"). Quand à l'Arménie, le pays n'est plus un royaume depuis belle lurette. "Je ne suis pas une héritière, je suis un écrivain" assure Sophie Audouin-Mamikonian.

    La bibliothèque où elle écrit assidûment se love dans une belle pièce ronde et lumineuse. L'endroit dit tout de son univers: fantastique et science-fiction du sol au plafond, une des collections les plus complètes dans ces genres-là, s'enorgueillit-elle en ouvrant la porte de son intérieur cossu du XVIème arrondissement. Sans fausse pudeur: "Mon attaché de presse n'aime pas ça, mais je n'ai rien à cacher: mon appartement, je l'ai gagné avec mes livres. Le premier m'a rapporté 3100 euros, le deuxième 15000."

    L'auteure de Tara Duncan aime la fantaisie. Elle dit d'elle-même qu'elle est restée bloquée à l'état d'une éternelle Sophie de 14 ans, qui aurait cependant "la tête sur les épaules", et confie qu'elle ne pourrait pas écrire ses Mémoires. "Je ne suis pas une intellectuelle, j'aime les mots." Elle en raffole même. "J'adore des termes comme "alchimie", inventer desnéologismes, jouer avec!" Ses romans sont foisonnants, l'écriture directe, le vocabulaire précis. Elle y tient. "Quand je me rends dans des lycées difficiles, j'entends que ces jeunes veulent pevenir policier, dealer, maçon... je constate qu'ils n'ont pas eu accès aux mots."

    Ses fans se nomment fièrement les "Taraddicts". Au courrier nourri qu'ils lui font parvenir sur son blog, elle répond immanquablement dans un style joyeusement adolescent, un brin caricatural certes, mais avec une bienveillance surprenante. "Je partage toutes leurs histoires, de copains, de parents, d'épreuves du BAC. A nous tous, je crois que nous avons déjà désamorcé plusieurs idées de suicide." Il arrive aussi qu'un libraire lui écrive, agacé par son succès insolent. Sophie Audouin-Mamikonian tâche de ne pas se laisser atteindre par la cruauté de la critique. D'ailleurs, si vous n'entrez pas dans son monde de magie, c'est sans doute que vous êtes un peu trop "Nonso" (non-sorcier) sur les bords.

    Article de Martine Valo pour le journal "Le Monde"


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  • C'est elle qui a créé la Sortcelière Tara Duncan. Entretien avec Sophie Audouin-Mamikonian à l'occasion du lancement de la série animée et du Tome 8 des aventures de Tara.

    Tu es une princesse comme Tara Duncan?
    J'ai hérité du trône d'Arménie, mais mon royaume n'existe plus depuis le XIVème siècle. Pour être honnête, Tara c'est moi, plus jeune. Moi aussi, je n'ai pratiquement pas connu mon papa: j'avais 6 mois quand mes parents ont divorcé... Comme elle, j'ai été élevée par mes grands-parents parce que ma maman voyageait beaucoup.

    Où trouves-tu tes idées, ces noms et ces êtres bizarroïdes qui peuplent l'univers?
    Je les vois, je les sens, je les entends! C'est comme un film qui se déroule en permanence devant mes yeux. D'ailleurs, ça peut me poser des problèmes. Quand mes filles étaient petites et que je me promenais avec elles, le nombre de fois où elles m'ont dit: "Maman, fais gaffe! T'es au milieu de la rue!" Ou bien, je vois un arbre et je me dis: "Ah, mais si un oiseau de feu se posait dessus, il s'enflammerait!" Et paf! j'ai l'idée d'inventer les arbres inflammables d'AutreMonde.

    Est-ce que tu sais comment se terminera la saga de Tara?
    Dès le début, j'ai écrit un scénario pour dix tomes. Mais je me rends compte qu'il y a des personnages que j'aimerais développer, alors peut-être que j'en écrirai douze. Mais ce qui est sûr c'est que l'histoire se terminera par... un point d'exclamation! Et certains Taraddicts m'en voudront sûrement de ce dernier rebondissement qui les laissera sur les fesses.



    Qui es-tu Tara Duncan?

    Ton âge: 16-17 ans.
    Ton principal défaut: têtue.
    Ta meilleure amie: Gloria Daavil, dite Moineau, une descendante de La Belle et la Bête. Ce qui fait qu'elle peut se transformer en monstre à la force stupéfiante. Métamorphose qu'elle ne maîtrise pas sous le coup de l'émotion.
    Ton objet: la Changeline, un dressing magique qui me procure la tenue adaptée à chaque circonstance, ou une voiture et même un missile si besoin!
    Ta mission: protéger les Terriens de la magie des Semchanachs, ces sortceliers renégats qui ont été rejetés par les lois d'AutreMonde.
    Où vis-tu?: actuellement sur la Terre, parce que j'ai été bannie d'AutreMonde, une planète sur laquelle la magie est très présente, peuplée d'humains, nains, géants, Vampyrs (si, si, ça s'écrit comme ça là-bas), elfes, dragons, etc.

    Interview de Marie-Hélène Servantie pour le magazine "Le Zine"


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  • Sophie Audouin-Mama... euh! "Mais non, mon nom n'est pas compliqué, lance-t-elle. Il suffit de penser à une mamie qui cogne: mamie-cognant." Reprenons: Sophie Audouin-Mamikonian est, vous l'avez compris, un personnage. On la rencontre à l'Amigo. Elle se lève précipitament, sourire éclatant, yeux rieurs, 49 ans joliment portés. Un début de rencontre tout à son image: franc, sans langue de bois, simple et bavard. "C'est un personnage, hein?, commente son éditrice Elsa Lafon. Ca nous change des auteurs conventionnels."

    Une femme haute en couleurs, en effet. On peut l'être, dans son cas. Elle est princesse héritière du trône d'Arménie, qui ne connaît plus de monarchie depuis des lustres et des lustres. Elle n'en parle pas mais des sites la baptisent Son Altesse Royale. "Je ne sais pas si cette hérédité nourrit son personnage, reprend Elsa Lafon, mais cette ascendance nourrit en tout cas sa culture et ce titre lui donne un air assez décalé aujourd'hui."

    Et puis, et surtout, Sophie Audouin-Mamikonian est l'auteur de la série Tara Duncan. Sept millions de livres vendus dans le monde dans dix-sept pays et treize langues. Ca pose un écrivain, un tel succès. Tara Duncan, c'est une jeune héroïne, une Sortcelière dotée de pouvoirs extraordinaires qu'elle a parfois du mal à contrôler et qui a déjà vécu huit aventures. Elle en vivra douze. Avec Sophie, tout est calculé. Pour sa nouvelle série, Indiana Teller, dont le premier volume vient de paraître, il y en a quatre. La princesse se fait dans le long.

    "Je ne sais pas faire court, rétorque-t-elle. Je suis plutôt dans l'emphase que dans la litote. Si je me laissais aller, j'écrirais des romans de 3000 pages, mais je dois me cabrer. Je suis d'habitude proustienne, j'écris des phrases longues. Elsa Lafon m'a demandé d'écrire plus court, plus immédiat. J'ai travaillé dur avec elle, et elle a fait ressortir le meilleur de moi."

    Elsa confirme qu'elles ont beaucoup travaillé à deux: "Tara Duncan contient beaucoup de personnages, d'intrigues, c'est foisonnant. Dans Indiana Teller, je voulais recentrer sur une histoire et des personnages dont on puisse explorer la psychologie. Et je dois dire que Sophie a beaucoup aimé ça. Elle est demandeuse d'un retour."

    Le résultat est réussi. Le livre se lit avec beaucoup de plaisir dont celui de découvrir des personnages assez complexes, où les méchants peuvent être sympas et les bons assez stupides. Indiana est un ado éduqué dans une famille de loups-garous, mais lui n'en est pas un. Il paraît bien faible, cet humain dans cet environnement de jeunes gens qui se muent si site en loups musclés. Mais il possède un pouvoir: il est achronaute, il peut remonter le temps, c'est un rebrousse-temps.

    "Cette histoire me trottait dans la tête depuis que j'ai vu le film "Le Loup-garou de Londres". J'ai imaginé ce jeune humain éduqué par des loups-garous qui, à l'université, a le réflexe de renifler les filles plutôt que de leur parler. Mais je ne voulais pas que ce ne soit que drôle: Indiana est obligé de s'ouvrir aux humains pour rester humain, pour trouver sa place dans le monde."

    Des loups-garous plus le voyage dans le temps. C'est Wolfman qui rencontre Wells. Ca l'amuse, Sophie. Comme le travail d'écriture l'amuse. Une souffrance? "Ah non! Je travaille quelque 15 heures par jour. Les lundis, mercredis et vendredis sur "Tara Duncan", les mardis et les jeudis sur un roman hors-série "La Couleur de l'Ame des Anges". En passant d'un livre à l'autre, je retrouve de la fraîcheur, ça me permet de créer des personnages intéréssants." Difficile? "Non. Les univers de mes fictions sont perméables. C'est comme s'il y avait des fenêtres entre eux: j'ai toujours vue sur la pièce d'à côté."

    Article réalisé par Jean-Claude Vantroven pour le journal "Le Soir"


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  • DANIA GIO, aussi ensorcelante que Tara Duncan
     
    "J'ai découvert les livres de Sophie en travaillant sur le projet. Son Univers m'a tout de suite séduite ainsi que l'auteur!"
     

    Dirais-tu que tu ressembles à Tara?

    La production a vu Tara en moi, et comme j'aime la comédie, c'était un plaisir de rentrer dans la peau du personnage. En fait... J'AI ADORE!  

    As-tu toujours voulu chanter?

    J'ai reçu un cadeau de mes parents à mes 7 ans, ma première guitare électrique, et c'est comme ça que j'ai découvert mes vocations.  

    Si tu avais une baguette magique pour rendre ce monde meilleur, que changerais-tu?

    Je lui jetterais le sort du "Transformus" pour amener les gens à se rapprocher, dialoguer et à s'aimer.
         

    Dania Gio, le single "Sortcelière" (M6 Music Label), déjà disponible
    Garde le contact avec Dania Gio sur www.myspace.com/daniagio
     
     
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    SORTCELIÈRE

    Je vis dans un monde étrange
    Où ce sont les plus forts qui te mangent
    Crise féérique
    Don’t panic!

    Vampyrs, monstres et loups-garous
    Entre nous ce n’est pas l’amour fou
    Éclair de magie
    Alchimie!

    Pouvoirs,
    Je ne veux pas combattre dans l’ombre
    Il faut m’aider avant que je ne sombre

    REFRAIN
    Je suis une Sortcelière
    Et ma vie est en danger
    Magique à part entière
    Viens me sauver
    Je suis une Sortcelière
    Et le pouvoir est mon choix
    Magique à part entière
    Tout à la fois
    Tara Duncan (x2)

    Pour te changer en crapaud
    Toi qui des princes, est bien le plus beau
    Un tout petit plus
    Transformus!

    Seul un baiser de princesse
    Te transformeras c’est une promesse
    Un kiss passion
    Transformation!

    Pouvoirs,
    Je ne veux pas combattre dans l’ombre
    Il faut m’aider avant que je ne sombre

    REFRAIN

    Pouvoirs,
    Je ne veux pas combattre dans l’ombre
    Il faut m’aider avant que je ne sombre

    REFRAIN

    Vidéo de Debiletv sur YouTube


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  • Sophie Audouin-Mamikonian, l'auteur de "Tara Duncan", a proposé à l'écrivain Thomas Mariani de s'emparer d'AutreMonde, la planète où vit Tara Duncan, et d'écrire un roman qui se déroule dans cet univers. Mission accomplie pour Thomas qui, avec "Les AutresMondes de Tara Duncan: La Danse de la Licorne", signe un formidable récit...

      JDM: Comment as-tu rencontré Thomas?
    S.A.M: Thomas adore Tara Duncan. Il y a cinq ans, il m'a proposé de me filmer pour réaliser un reportage sur mes fans. Il est très drôle, alors on a sympathisé. Plus tard, je lui ai proposé d'écrire les livres tirés des dessins animés. Puis il est venu m'exposer une histoire située dans l'univers de Tara, mais... sans Tara! L'idée m'a aussitôt emballée.

      JDM: Vous avez rédigé ce livre ensemble?
    S.A.M: Non, il a écrit seul, en me demandant souvent mon avis. Je lui ai donné plusieurs conseils pour que son histoire captive. Comme c'est un garçon et, moi, une fille, il y a forcément des différences de styles. Mais, notre point commun, c'est qu'on met beaucoup d'humour dans nos personnages.

      JDM: Partageras-tu encore ton univers avec d'autres?
    S.A.M: Oui, Thomas écrira la suite de "La Danse de la Licorne" en 2014. Une autre fan, Julia, prépare une histoire de voleuse notoire (une sorte d'espionne) pour 2015. En ce moment, je cherche un autre auteur, âgé de 14 à 90 ans, pour 2016! Rendez-vous sur la page concours de mon site taraduncan.com.

      JDM: Comment se porte Tara?
    S.A.M: J'ai toujours autant de plaisir avec elle. J'avais prévu de m'arrêter au tome 12, mais les lecteurs veulent que je poursuive. Alors je me pose la question de continuer...       

      AutreMonde sans Tara
    Dans "Les AutresMondes de Tara Duncan: La Danse de la Licorne", Thomas Mariani nous offre une aventure pleine de magie dans un site de rêve: l'Opéra de Paris. Un lieu rempli de mystère où Nina et Xoholt, les deux héros, s'associeront pour ramener la Terre et AutreMonde au calme. L'intrigue est rythmée et pleine de surprises. Même si Tara n'est pas là, les passionnés de son univers ne seront pas déçus."

    Les AutresMondes de Tara Duncan: La Danse de la Licorne" par Thomas Mariani, Editions Michel Lafon  

    Article du "Journal de Mickey"

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  • Pour la sortie du tome 11 des aventures de l'héroïne prisée des ados, son auteur, Sophie Audouin-Mamikonian, nous a reçus chez elle...  

      Paris XVIème, vendredi. Sophie Audouin-Mamikonian, qui travaille quinze heures par jour dans son bureau tapissé de livres de science-fiction, confie que son héroïne Tara Duncan, malgré ses pouvoirs, a les mêmes problèmes que toutes les ados de son âge...  

    On n'a pas encore eu le temps de brancher l'enregistreur que Sophie Audouin-Mamikonian raconte déjà une histoire: "Il y a une semaine, une femme de 40 ans m'aborde dans la rue et me dit : Je suis une pratiquante. Ce matin, j'ai sacrifié un coq noir pour votre réussite. En fait, elle faisait de la magie noire. Il m'arrive tout le temps des trucs de fou!" Et d'emblée, on comprend mieux pourquoi les récits de sa série de livres jeunesse à succès "Tara Duncan", traduite en 19 langues et vendue en France à un million d'exemplaires, dont le nouvel opus sort après-demain, sont aussi délirants. La jeune Tara, "Sortcelière" aux pouvoirs magiques, 18 ans dans ce tome 11, doit sans cesse se coltiner avec des démons, des dragons au nom de Charmamnichirachiva, des bestioles telles que les Scrogneupluf, personnages se livrant plus ou moins une guerre planétaire! 

    En préambule du livre, l'auteur de 52 ans prévient n'avoir "consommé aucune substance illicite". Et nous, on nous avait prévenus: "Mamikonian, elle est dingue!" Pourtant, son immense appartement parisien du XVIème arrondissement n'a rien de dingue. Il y a bien quelques dragons sculptés, cadeaux de son époux financier, mais peu d'objets "magiques" ou de posters à l'effigie de son héroïne.  "Je ne suis pas dans la célébration de Tara, tranche l'auteur : j'écris aussi d'autres choses, seize livres en dix ans." Avec sa voix haut perchée, cette belle blonde qui ponctue ses phrases de "Come on, quoi!" et de "chouchou" embraye sur sa réputation de "dingue": "C'est le plus beau compliment qu'on puisse me faire. Quand je parle de mon imaginaire en public, on me prend pour une folle. Mais Homère, il était quoi, chouchou? Il a quand même créé un personnage qui avait un œil au milieu du front!" Au rayon hors norme, elle s'y connaît: "Je passe mon temps à me perdre. Je marche dans la rue, je vois un arbre, et je me dis: Bon, si un oiseau de feu se pose sur cet arbre, il va cramer. Donc, il faut que l'arbre soit ignifugé… Je suis à fond dans mon imaginaire, j'en oublie où je vais."

    Elle nous entraîne alors dans son gigantesque bureau tapissé de livres — "la plus grande bibliothèque privée de fantasy et science-fiction en France", et on la trouve tout de suite moins dingue. Car c'est là qu'elle travaille quinze heures par jour, du lundi au vendredi, de 8h30 à minuit. On remarque le fond d'écran de son ordinateur: c'est Tara Duncan. Elle en profite pour revenir sur le malentendu qui entoure son héroïne. "Tara reste une ado avec des problèmes d'ado. Ça, les adultes ne le comprennent pas : ils ne retiennent que l'univers délirant. Mais comme on, quoi, le cœur des livres est ailleurs, dans le fait que Tara a deux petits copains, des problèmes familiaux… Ses pouvoirs, ce sont des métaphores de l'adolescence. Une gamine de 13 ans qui se retrouve subitement affublée d'une superbe poitrine, c'est un pouvoir mais très compliqué à contrôler.

    D'où lui vient cette volonté permanente de raconter des histoires, de divertir? Elle explique ça en partie par sa complexe filiation : princesse arménienne par sa mère, nièce du réalisateur Francis Veber, Sophie Audoin-Mamikonian est l'arrière-petite-fille de Tristan Bernard, "qui aimait tant faire rire les autres". Et "Audouin" dans tout ça? "C'est le nom de mon mari". Celui-ci, et leurs deux filles de 23 et 26 ans, guettent-ils avec impatience la sortie du prochain et ultime tome de la saga? Sans doute pas : ils savent que leur "dingue" de Sophie trouvera d'autres occupations multiples.

    Comme écrire, encore et toujours, préparer un one-woman-show (prévu en avril) pour les fans de Tara, et gérer "Les AutresMondes de Tara Duncan", série écrite par d'autres auteurs et publiée en novembre chez Michel Lafon. Ou surveiller la série télé inspirée de Tara, et faire adapter son héroïne par Hollywood. Sophie Audoin-Mamikonian pense avoir du temps devant elle : "J'ai vu un reportage qui expliquait que compte tenu de l'évolution de la bio-ingénierie et des nanotechnologies, on allait pouvoir vivre mille ans." On se croirait dans un chapitre de "Tara Duncan"…   

    Article de Jean-Baptiste Quentin pour le journal "Le Parisien"

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  •   Des milliers de fans hystériques, des gardes du corps sur les dents... Aux Champs-Elysées, on se souvient encore de sa dernière signature tournant à l'émeute, dans un Virgin Mégastore archicomble. Avec sept millions d'exemplaires des aventures de "Tara Duncan" vendus dans le monde, l'alter ego frenchie de J.K.Rowling est le cauchemar des services de sécurité. Certains "Taraddicts" allant jusqu'à lui couper des mèches de cheveux, façon reliques. D'autres, encore plus accros, fouillent les poubelles, à la recherche de sacro-saints brouillons cultissimes! Du jamais vu pour une reine de la littérature jeunesse. Une reine?   

    Une altesse royale, unique héritière du trône d'Arménie! Les liens du sang ont d'ailleurs en fait des choses: son oncle, le réalisateur Francis Veber ("Le dîner de cons", "La chèvre"...), d'avantage porté sur la comédie que sur une carrière dans le gotha, s'est désisté de ses charges dynastiques au profit de sa nièce romancière, qui porte le prénom d'une célèbre reine arménienne du XIVème siècle: "J'ai même un ancêtre, Vartan, qui a été sanctifié en 451" précise-t-elle en secouant sa crinière d'elfe. "Si vous passez à Jérusalem, vous pourrez voir, en l'église Sainte-Hélène, l'autel des Mamikonian." Chassés au XIXème siècle de leurs terres, ses aPieux ont connu l'exil - Géorgie, Russie - avant de jeter l'ancre, en 1917, à Hendaye. Cette illustre lignée à faire se pâmer les mordus de généalogie lui a légué une âme d'aventurière dotée d'une imagination XXL.   

    Bang-Bang, Blurps, Krakdent et autres sympathiques bestioles peuplent AutreMonde, la planète de son héroïne. "J'ai été élevée par ma mère et ma grand-mère, qui me racontaient des histoires russes absolument extraordinaires... A douze ans, à la suite d'une péritonite qui m'avait immobilisée, je me suis mise à écrire un premier roman, "Chantecler le petit phénix d'or", pour passer le temps. J'avais dévoré tous les livres de la bibliothèque et je m'ennuyais à mourir. La nuit, je rêvais que je possédais des pouvoirs magiques. C'est à cette période que je suis tombée dans la marmite des sortilèges, dans un monde parallèle..."  

    Ce qui lui joue régulièrement des tours. Quand une nouvelle idée lui trotte dans la tête, Sophie est comme prise de transes, totalement déboussolée, quittant la Terre pour basculer de "l'autre côté". Diane et Marine, ses "poussines", ne calculent plus le nombre de fois où, immobile au milieu d'une rue, leur maman ne dut la vie qu'à sa bonne étoile. Il lui arrive même de se perdre dans son propre quartier et d'en rire, des heures après sa mésaventure.  

    Mais attention, ne voyez pas en elle une princesse foldingue. Avant d'écrire le premier tome de "Tara Duncan", Sophie Audouin-Mamikonian est passée par la case études, obtenant haut la main un très sérieux DESS en diplomatie et stratégie. "A dix-huit ans, je voulais être ambassatrice. C'était mon rêve, je me voyais en globe-trotteuse. Mais lorsque je suis tombée éperdument amoureuse de mon mari, Philippe, je n'ai plus du tout eu envie de voyager!" A la naissance de son aînée, sa nature fantasque a vite repris le dessus. "J'avais vingt-cinq ans. Comme beaucoup de jeunes mamans, je me suis replongée dans mon passé. Mais pas question de raconter à ma fille des histoires de donjons et autres dragons. Trop classique. J'ai donc imaginé un personnage de jeune fille qui était mon exact portrait dix ans plus tôt: Tara Duncan, "Sortcelière" aux pouvoirs incroyables." C'était en 1987, bien avant l'apparition d'un certain petit sorcier à lunettes. "Mon mari m'a poussée à me faire publier. Mais aucun éditeur, à l'époque, ne voulait de ma saga, que j'avais prévue en dix volumes. Ils me disaient tous: "Une sorcière, ça ne marchera jamais. Et votre roman est beaucoup trop gros pour un jeune public!"  

    Depuis, l'effet Harry Potter et son jackpot ont balayé tous leurs a priori. En 2003, elle signe enfin aux éditions du Seuil. Deux pages dithyrambiques dans L'Express et un bouche à oreille de folie font le reste. Le phénomène Tara Duncan est né. "Je ne me suis jamais découragée. Les sept volumes de Tara représentent dix-sept ans de travail. Aujourd'hui, je suis traduite dans une douzaine de pays. Mes fans canadiens, japonais et coréens se déplacent à Paris pour assister à mes lancements. Je communique avec mes lecteurs via mon site Internet et surtout mon blog." A la lecture de celui-ci, on apprend qu'elle avale de grandes tartines recouvertes d'une épaisse couche de camembert chaque matin. Et qu'elle apporte à son chéri son petit déj' au lit. Royal!  

    Article de Claire Baldewyns
    Photo par Benjamin Decoin

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  • Qui se cache derrière Oksa Pollock, la nouvelle héroïne des ados? Deux bibliothécaires de Strasbourg, qui ont au départ autoédité ses aventures, désormais traduites en 21 langues.  

    C'est un roman dans le roman. Le 31 décembre 2005, noyant dans la douceur de son bain la déception d'un énième refus d'éditeur, Cendrine Wolf, 35 ans, bibliothécaire à Strasbourg, est traversée d'un flash. Elle vient d'imaginer une adolescente d'aujourd'hui, bien dans sa peau et sa famille, mais sujette à des phénomènes paranormaux et appelée à découvrir des territoires de pure fantaisie. Aussi sec, elle appelle sa collaboratrice, Anne Plichota, 36 ans, avec qui elle s'emploie en vain à imaginer des récits dessinés. Le lendemain naît Oksa. "Une tante d'Anne, d'origine ukrainienne, se prénomme Oksana" raconte Cendrine, ancienne éducatrice spécialisée, brune et coiffée comme son héroïne. "On voulait l'appeler Oksana Procopus mais c'était trop compliqué. Pollock sonnait comme une évidence" renchérit Anne. Cette maman aux cheveux cendrés d'une petite fille de 10 ans a grandi à Jard-sur-Mer, en Vendée, de parents tôt divorcés. Elle a détesté son adolescence, appris le chinois et fait tous les métiers, d'aide-soignante à écrivain public. 

    Attablées, un après-midi ensoleillé de mars, au bar de l'Opéra, à Strasbourg, les deux femmes font à rebours le chemin d'un conte de fées qui s'est joué, au début, sans baguette miracle. "Honnêtement, je pensais qu'on n'allait pas tenir dix pages" reconnaît aujourd'hui Anne, qui a plus d'une fois failli laisser tomber. C'était sans compter sur l'intuition de Cendrine. "Il fallait que ce livre existe et qu'il soit lu", martèle cette dernière. "J'étais certaine que nous aurions un éditeur." Mission accomplie. Cent trente mille exemplaires vendus à ce jour sous label XO. Sans compter l'artisanale et risquée mise en orbite sur fond d'autoédition. Mille ouvrages imprimés payés de leur poche, déposés au porte-à-porte chez les libraires. "On s'est dit qu'il se passait un truc lorsqu'on nous a redemandé, ici et là, un carton de quinze livres" se souvient Cendrine. A Strasbourg, des gamins de 6ème réunis en comité de lecture ont activé le bouche-à-oreille. Jusqu'au jour où les fans ont cherché en vain Oksa au Salon du livre de la jeunesse de Montreuil. "Ils étaient furieux. Ils ont envoyé des lettres aux éditeurs, à des journaux." L'éditeur Bernard Fixot a eu vent de cette tempête. En 2009, il convoquait les deux romancières dans ses bureaux de la tour Montparnasse. "Il nous a dit : Je vais imprimer à 50 000!" sourit Anne. "On trouvait ça fou! 50 000? Ce n'est pas un peu trop?"

    "Aujourd'hui, c'est comme si nous étions passées du statut de petite entreprise familiale à celui de multinationale" résume Anne, qui s'est fait dans le roman une spécialité des recettes magiques. Cendrine fignole la psychologie. Les personnages ne sont ni parfaits, ni solitaires, ni sanglés par les tabous. Chaque lundi, toutes deux travaillent de concert. Le quatrième tome est en route. Mais elles préparent aussi "un thriller pour adultes et une trilogie". C'est le triple effet Oksa Pollock.  

    Article parut dans Le Parisien

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  • Le douzième et ultime volume de l'héroïne préférée des ados sort aujourd'hui. Son auteur, Sophie Audouin-Mamikonian, revient, en 12 anecdotes, sur cette belle aventure.

    Années Tara DuncanMême les super-héroïnes doivent savoir s'arrêter. Tara Duncan, personnage de livres de fantasy les plus vendus en France -- 1,3 million à ce jour, à raison de plus de 100 000 exemplaires par volume -- et qui a débuté ses aventures en 2002 alors qu'elle n'était qu'une adolescente, donne rendez-vous aujourd'hui en librairie pour le dernier épisode de sa saga, « l'Ultime Combat ».

    Que les fans se rassurent : la jeune « sortcelière » aux pouvoirs magiques, qui cohabite avec des démons, des dragons et des planètes étranges en tentant de sauver la Terre, reviendra bientôt dans une nouvelle série portée par son amoureux, Cal. En attendant, celle qui l'a créée, développée puis adaptée en série animée, Sophie-Audouin Mamikonian, revient, avec son franc-parler décoiffant, sur les douze années de publication de Tara.
     
     
    2002 :  Fini les refus. « Après dix-sept ans et 300 lettres de refus, trois éditeurs veulent, en 2002, acheter le premier tome de Tara Duncan. Je n'arrive pas à y croire et je me pince environ quinze fois par jour. Je choisis d'abord Plon... qui me rend mon contrat deux semaines après en me disant qu'il ne croit plus en mon livre ! J'ai tellement pleuré que j'ai dû booster l'industrie entière du Kleenex cette année-là... Finalement, le Seuil m'achète le tome I, les Sortceliers. »
     
    2003 : Best-seller. « Le Seuil m'envoie la couverture. C'est horriblement laid. Tara a une énorme tête, est maquillée et à l'air d'avoir trente ans. Mon éditeur m'explique que la couverture n'est pas importante. Je recommence à pleurer. Avec cette couverture, personne ne va acheter mon livre ! Mais par une sorte de miracle, un an plus tard, Tara Duncan est déjà un best-seller. »
     
    2004 : Sur les bus. « En 2004, je quitte le Seuil pour Flammarion, qui réalise une magnifique couverture pour le nouveau volume des aventures de Tara et lance ma toute première campagne de publicité sur les bus. »
     
    2005 : Toujours plus de fans. «  Le Sceptre maudit sort en octobre 2005. J'avais déjà lancé le site, www.taraduncan.com, en 2003. A présent je crée mon blog. Très vite, des milliers de commentaires viennent répondre à mes anecdotes délirantes sur mes démêlés avec mon plombier, mon électricien ou... mes éditeurs. Mes fans sont des adolescents avec qui je lie des liens incroyables au fur et à mesure des années... »
     
    2006 : Le ghetto des livres jeunesse. « Lors d'un Salon du livre, une écrivaine me demande avec qui j'ai couché pour avoir une campagne flanc de bus alors que je ne suis qu'un auteur jeunesse. Je réponds que, contrairement à elle, n'étant pas lesbienne, je n'ai pas couché avec mon éditrice. Elle me demande pourquoi je la traite de lesbienne. Je lui demande pourquoi elle me traite de prostituée. Je découvre que les auteurs jeunesse sont dans une sorte de ghetto. Hors de question de me laisser enfermer dans une case. Je me suis battue pour être éditée pendant dix-sept ans. Je vais me battre pour en vivre et en être fière. Depuis la première édition des Sortceliers, je fais tous les salons du livre, les écoles, les lycées. Je suis sur les routes du mercredi au dimanche quasiment toutes les semaines. A chaque personne qui s'approche de mon stand, je demande : Vous connaissez Tara Duncan ? Les autres auteurs pensent que je suis dingue. »
     
    2007 : La série animée sur les rails. « Tandis que je quitte Flammarion pour XO, je prends mon bâton de pèlerin et je vais frapper à la porte des sociétés de production de dessins animés. Finalement, Moonscoop et M6 sont d'accord pour produire 26 épisodes de Tara Duncan. Ma fille de papier va prendre vie sur les écrans. »
     
    2008 :  Tara a son étoile. « Je découvre enfin Tara sur les écrans. Après trois ans d'efforts intensifs, les 26 épisodes sont lancés en grand format dans un cinéma des Champs-Elysées. Tout le monde est déguisé, c'est une fête incroyable où mes fans frappent très fort. En plus des chocolats, bonbons, peluches, camemberts -- j'aime ça au petit déjeuner avec mon thé citron ! --, ils se cotisent pour m'offrir une étoile, une vraie, qui dorénavant s'appelle AutreMonde, dans la constellation de Pégase. »
     
    2008 : Première diffusion télé. « L'Impératrice maléfique est publiée en septembre, tandis que la série Tara Duncan débute sur M6. La première fois que je l'ai vue à la télévision, j'ai cru que mon coeur allait s'arrêter de battre tellement il s'emballait. »
     
    2011 :  Un million de livres. «  Tara approche bientôt du million de livres vendus en France. Quel chemin parcouru en quelques années pour un livre au départ refusé par tous les éditeurs ! La Reine noire est publié en septembre 2011. La même année, emportée par mon élan, je signe, chez Michel Lafon, pour une nouvelle série, Indiana Teller. »
     
    2012 : Tara s'exporte. « XO signe pour la distribution de Tara Duncan au Brésil. Avec les pays francophones, comme la Belgique, la Suisse, le Luxembourg ou le Canada, cela va faire 26 pays où Tara est publiée, et 20 pays où le dessin animé est diffusé. »
     
    2013 : Une fête pour Tara. « Pour célébrer les dix ans de Tara, la publication du dixième tome et des 1,2 million d'exemplaires déjà vendus, on fait la fête chez Virgin. Tara Duncan : la Guerre des planètes sort en septembre, juste après Indiana Teller : Lune d'automne. »
     
    2014 : De nouveaux défis. «  Tara Duncan. L'Ultime combat sort aujourd'hui. Partie de Terre à l'âge de 13 ans, Tara a presque 20 ans à présent, des millions de fans dans le monde entier et je suis une auteure comblée. Je suis désormais en train de monter mon film sur Indiana Teller, avec un budget de 65 M$ (un peu plus de 50 MEUR), en anglais, avec des acteurs américains. Un défi complètement dingue ! »
     
    Article écrit par Renaud Baronian pour le journal Le Parisien

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  • Sophie Audouin Mamikonian est l'écrivain de littérature fantastique la plus lue en France. Après "Tara Duncan", une "sortcelière" dotée de pouvoirs extraordinaires, sa nouvelle saga plonge dans l'univers des loups-garous. Et c'est avec le tromblon chargé de gros sel que nous sommes allés la voir.
     
    SAM telegramme
     
    Enfant, elle a lu "Chanteclair le petit phénix d'or", puis Alexandre Dumas et Agatha Christie. Avant de tomber dans la science-fiction et de succomber à la magie. "J'ai dû dévorer plus de 18 000 livres de science-fiction. J'achète tout ce qui sort mais en tant qu'auteur, je peux vous dire que c'est difficile de faire lire et aimer de la fantaisie au pays de Descartes" dit-elle, excédée d'avoir attendu dix-sept ans avant d'être publiée. Mais quand on a commencé à écrire à 12 ans, on n'est pas du genre à baisser les bras. "Dans ma famille, les gens ont tendance à être numéro un, j'ai toujours voulu faire mieux que les autres. Je pense à 360 degrés, avec trois ou quatre coups d'avance, ce doit être mon côté slave et joueuse d'échecs" lâche-t-elle avec un débit de kalachnikov. "Même si j'ai une vision américaine du monde, parce que je veux gagner mon argent toute seule. Ce qui n'exclut pas la compassion" ajoute-t-elle, enfoncée dans un canapé prune à deux pas du Trocadéro. 
     
    Sept millions de livres vendus 
     
    Elle revendique haut et fort son titre de "S.A.R. Princesse Sophie Audouin Mamikonian". Comprenez Son Altesse Royale, héritière du trône d'Arménie. Un pays où elle reconnaît ne "jamais avoir mis les pieds. Je ne peux pas y aller en touriste, cela se transformerait en visite officielle". Il faut dire qu'en version anglaise, elle mentionne sur sa carte de visite "Pretender to the throne of Armenia". Mais elle reconnaît qu'il y a d'autres prétendants au trône et en parle aussi avec dérision, "Mamikonian... cela veut dire Mamie qui cogne en arménien!". Sept millions de livres vendus dans le monde, dont un million en France. Quarante titres au total, "ce n'est pas de ma faute" a-t-elle l'air de dire, "ça vient tout seul. C'est génétique, mon arrière-grand-oncle s'appelle Tristan Bernard ("L'Anglais tel qu'on le parle..."), mon oncle Francis Veber a écrit "Le Dîner de Cons", ma grand-mère Catherine Veber; "Neige" et "Mademoiselle Fanny", et mon arrière-grand-père, Pierre-Gilles Veber, est l'auteur de "Fanfan la Tulipe" ". Un beau bouquet, où son côté fleur bleue fait merveille et récolte 80% de lectrices. Rien que cela mériterait les Palmes académiques à une époque où les grincheux pensent que les jeunes ne lisent plus. 
     
    Rédactrice dans la publicité 
     
    Dès la sortie du premier tome, en 2003, "TaraDuncan" déchaîne les passions. Audouin Mamikonian en termine le neuvième tome, dont douze sont prévus, sans oublier le dessin animé sur M6, et bientôt une comédie musicale. Elle a inventé un AutreMonde, où les jours ont vingt-six heures, l'année 454 jours et sept saisons. Une planète magique peuplée de Pllops, petites grenouilles bleues et blanches hypervenimeuses, et de Spalenditals, scorpions originaires de Smallcountry, qui servent de monture aux gnomes. "Brocéliande, les elfes, tout cet univers à la Tolkien m'inspire" confie celle qui a démarré comme rédactrice dans la publicité, sous la direction d'un druide passé depuis à la postérité sous le nom de Jacques Séguéla. 
     
    Volage en écriture 
     
    D'abord refusée chez Plon, elle est finalement publiée par Le Seuil pour "Les Sortceliers" et "Le Livre Interdit", puis passe chez Flammarion pour "Le Sceptre Maudit" - le succès de Tara étant devenu mondial - et chez XO éditions. Avant de signer chez Michel Lafon pour sa nouvelle saga, "Indiana Teller". Fidèle en amour mais volage en écriture, donc, sautant d'un genre à l'autre et changeant de monture. "J'ai un côté Marsupilami". Tant mieux, l'Américain John Grisham, auteur de thrillers, s'est mis à la littérature jeunesse. Tout comme l'écrivain haïtien Dany Laferrière, prix Médicis 2009, ou Didier van Cauwelaert, prix Goncourt 1994. L'oeuvre de Sophie Audouin Mamikonian est un ovni, plus proche jusqu'ici du "binge writing" que de la littérature. Expression qui renvoie à l'absorption rapide et collective d'alcool de la part des adolescents, à qui justement ses livres sont destinés. Dommage, on attend d'elle un vrai livre, qui ne serait pas composé à 80% de dialogues. Où l'ivresse de son imagination, qui s'imprime directement en mots sur l'écran de l'ordinateur, céderait le pas à une nécessité intérieure. Lady Saga y gagnerait peut-être moins d'argent et de suiveurs sur Facebook mais autre chose qui lui reste à trouver.
     
    Une créatrice multimédia
     
    Sur son blog, le premier post, en janvier2005, démarrait très fort: «J'ai fait un rêve super-bizarre cette nuit. J'ai rêvé que je couchais avec Nicolas Sarkozy». Résultat, 1.805 commentaires. Ensuite, elle raconte sa rencontre avec son grand «Amuuuuuuuuuur», Philippe, qui est devenu son mari. Non, pardon, «le prince de ma vie». Sophie Audouin-Mamikonian, SAM, a des initiales de missile sol-air et n'est pas du genre «ça me suffit». Elle en rajoute et en fait toujours trop. Même si, parfois, elle prend soin d'élaguer: «J'écris deux pages par heure mais j'en coupe une sur deux». Elle signe ses blogs par «HACA les taraindianaddicts! lol». Les fans de Tara et Indiana savent, eux, que ce sont les initiales de Humour, Amitié, Courage, Amour. Et que «lol» veut dire «mort de rire». Déjà 831.000 commentaires: «C'est cool», lâche Sophie en guettant avec impatience le cap du million. On y trouve notamment «des conseils aux parents belges qui n'ont pas encore affronté les dédicaces: apporter des bouchons d'oreille, les taraddicts ont des voix et les font entendre; apporter un siège dépliable, une, deux, trois ou quatre heures d'attente ne sont pas impossibles; ne pas trop se couvrir, les taraddicts sont nombreux, la température monte et les parents transpirent, alors penser au tee-shirt; apporter l'appareil photo, je ne compte plus les règlements de comptes sanglants avec les parents qui les avaient oubliés...». Elle n'a pas hésité à se déguiser en loup pour le lancement de sa nouvelle saga, baptisée Indiana Teller, qui cible, cette fois, les garçons. Résultat, six heures de dédicace à la Fnac Ternes, à Paris. «J'essaie d'apporter de la bonne humeur, de l'aventure et de l'humour, c'est pour cela que j'ai du succès». Une histoire de loup-garou et de «semi», comprenez mi-homme et mi-loup, lardée de recommandations. Exemple, ne pas faire trop de musculation quand on est jeune, «cela peut gêner ta croissance». Le tutoiement est, en effet, de rigueur et on y interpelle en permanence le lecteur. «Indiana est le fils d'un loup et d'une humaine. Il se sent seul, démuni, égaré, c'est un peu Mowgli du Livre de la jungle, conclut celle qui marche sur les traces d'Harry Potter. Il faut apprendre à être rejeté». C'est un atout précieux dans la vie, même si dans le livre Indiana possède celui de «rebrousser le temps».
     
    Article de Thierry Dussard pour le journal Le Télégramme

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